Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 15.09.2018 à 04h25 | Mis à jour le 15.09.2018 à 04h25
    Imprimer
    « L’impact est tel, qu’aujourd’hui des scientifiques suggèrent que les sacs plastique tueraient plus d’espèces que le réchauffement climatique » remarque le parti des députés. Photo Julien Cinier Photo Archives LNC
    politique. Fin des sacs plastique au 1er mai 2019, de la vaisselle jetable le 1er septembre suivant... Calédonie ensemble a déposé un projet de loi du pays sur le bureau du Congrès.

    Le nombre de sacs plastique à usage unique utilisés chaque année par les Calédoniens est estimé à 60 millions. Soit un volume de 360 tonnes de déchets environ, ou l’équivalent en surface de 375 terrains de football. Ces 215 poches, par habitant en moyenne annuelle, sont-elles vraiment utiles, quand le pays se félicite de la qualité exceptionnelle de sa biodiversité, promeut le tourisme et s’est réjoui du classement d’une partie de ses lagons au patrimoine mondial de l’Unesco ? Le parti Calédonie ensemble a annoncé, hier matin, le dépôt sur le bureau du Congrès d’un projet de loi du pays visant à interdire les sacs plastique. « Fabriqués en moins d’une seconde, puis utilisés en moyenne 20 minutes, ils mettent entre 100 et 500 ans pour se dégrader » a déploré l’élue Nina Julié avant d’aborder le fond du texte.

    Tout d’abord, quand ? Si la loi est adoptée, la mise à disposition gratuite ou onéreuse de sacs en plastique à usage unique distribués à la caisse ou destinés à l’emballage des marchandises en vrac - fruits, légumes, viande, fromage… - sera interdite à partir du 1er mai 2019. Idem pour tous les cabas en plastique. En outre, la distribution de vaisselle jetable, du type gobelets, assiettes, couverts, touillettes ou pailles, serait bannie à partir du 1er septembre 2019. Tout comme les barquettes alimentaires, toujours en plastique, dès le 1er mai 2020. En cas de non-respect des interdictions, des amendes sont prévues d’après le projet de loi, « avec un plafond d’un million de francs » note Nina Julié. Le montant est proportionné à la gravité de l'infraction.


    Campagne

    Au-delà de l’interdiction, Calédonie ensemble entend réorienter des habitudes. Seront autorisés, pour l’emballage en vrac uniquement, les sacs en plastique biosourcé comme du maïs. Par ailleurs, la loi prévoit qu’au 1er mai 2022, les sacs recyclables devront être constitués en partie de matières recyclées. Le texte propose aussi « d’interdire l’importation des sacs biosourcés à usage unique et celle des cabas en plastique réutilisables afin que les producteurs locaux puissent développer de nouveaux marchés ». Un accompagnement de ces industriels dans l’adaptation de leur process est mentionné.

    Une campagne de sensibilisation des consommateurs ainsi que des distributeurs est imaginée. Les provinces seraient, en outre, approchées pour travailler sur la mise en place d’une nouvelle filière REP - ou responsabilité élargie du producteur, c’est-à-dire importateurs et fabricants locaux - sur les déchets d’emballage plastique. Les élus du Congrès examineront vraisemblablement le projet de loi en décembre.


    Le projet de loi intéresse trois producteurs locaux : Vega, Sofaplast et Imdex. Les sociétés seront accompagnées « dans l’adaptation de leur process pour être en capacité de fabriquer d’une part des sacs biosourcés à usage unique et d’autre part des sacs réutilisables biosourcés ou recyclables » soutient Calédonie ensemble. Wallis-et Futuna, le Vanuatu, la Papouasie, la Nouvelle-Zélande, le Chili... ont pris des mesures. Les pays siégeant au Forum des îles du Pacifique se sont engagés à Apia, en 2017, à accélérer les politiques destinées à interdire l’utilisation de sacs en plastique à usage unique.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS