Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet / yann.mainguet@lnc.nc | Crée le 10.07.2019 à 05h53 | Mis à jour le 10.07.2019 à 07h04
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    Marianne Tissandier, du Musée de Nouvelle-Calédonie, a renseigné hier les douaniers sur la qualité des objets ou encore sur les matériaux utilisés dans leur conception. Photo Y. M.
    FORMATION. À la suite de l’adoption d’un arrêté sur l’exportation de biens culturels, des agents des Douanes ont été sensibilisés au repérage d’objets anciens présentant un intérêt patrimonial.

    Un tesson de poterie tradition Lapita ou encore une hache de cérémonie kanak à la lame en néphrite apparaissent à l’écran, dans une salle d’exposition du Musée de Nouvelle-Calédonie. Quelques questions fusent autour de la table. Des agents des Douanes étaient hier invités à une journée de formation organisée par la direction de la Culture. Cette session vise en fait à sensibiliser les douaniers au repérage d’objets culturels anciens présentant un intérêt patrimonial.

    Comme l’observe le gouvernement, depuis 2006, l’exportation d’objets d’antiquité de plus de 100 ans d’âge de Nouvelle-Calédonie n’était plus soumise à autorisation administrative. Cette carence a été soulevée par le Conseil économique et social calédonien en 2013, puis à la veille d’une vente aux enchères polémique en juin 2015 à Bâle en Suisse. Révélée à l’époque par Les Nouvelles calédoniennes, cette affaire dite de la collection Vidal avait fait grand bruit.

    L’exécutif a pris, le 23 avril 2019, un arrêté d’application afin de justement mieux protéger les exportations du patrimoine culturel calédonien. Ce texte, et par effet ricochet, la formation, viennent « combler un manque » reconnaît Régis Vendegou, directeur de la Culture. « Nous avons la volonté d’informer tous les publics sur les nouvelles dispositions ».

    « Beaucoup de pièces déjà à l’extérieur »

    Après un passage le matin au service des Archives de la Nouvelle-Calédonie à Nouville, les douaniers ont observé les objets, se sont renseignés sur leur qualité, ont écouté, au Musée. L’ambition n’est pas ici de « créer des experts en trois heures », mais d’éclairer, d’apporter des informations sur l’utilisation de certains matériaux particulièrement précieux ou sur la rareté de pièces, souligne Marianne Tissandier, responsable des collections au sein de l’établissement muséal et formatrice hier auprès des agents. A l’heure actuelle, a priori bien peu de biens culturels calédoniens sortent du Caillou, car « beaucoup de pièces sont déjà à l’extérieur du territoire » : 17 000 objets kanak traditionnels sont recensés hors de la Nouvelle-Calédonie en collections publiques uniquement, contre 2 200 sous ce même régime dans le pays. Toutefois, « il vaut mieux prévenir que guérir, d’où l’intérêt de l’arrêté ».

    Dans le doute, devant une pièce, les douaniers au port ou à l’aéroport pourront solliciter une expertise. « La formation vient appuyer une nouvelle réglementation que les douanes sont chargées de mettre en œuvre et de contrôler. Elle permet de nous donner des éléments pour être plus efficaces dans l’exercice de nos missions de contrôle » note Sonia Lecomte, directrice adjointe de l’institution en Nouvelle-Calédonie.

    Un arrêté tant attendu

    Afin de mieux protéger les exportations du patrimoine culturel calédonien, le gouvernement a pris, le 23 avril 2019, un arrêté d’application qui : définit les conditions d’exportation des biens culturels du patrimoine calédonien ayant un intérêt historique, artistique ou archéologique ; et fixe la liste des biens dont l’exportation est interdite et celle dont l’exportation temporaire ou définitive est subordonnée à l'obtention préalable d'une autorisation administrative.

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