Nouvelle Calédonie
  • Frédérique Ollivaud | Crée le 10.07.2019 à 05h53 | Mis à jour le 10.07.2019 à 07h16
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    Le premier geste de Thomas a été de se saisir du micro pour remercier l’association. Photo Thierry Perron
    SOCIÉTÉ. Pour la première fois sur le Caillou, l’association Enable a remis au petit Thomas, à qui il manque les deux bras, un appareillage électronique fabriqué localement.

    C’est dans des locaux prêtés par l’OPT à Nouville que l’association Enable South Pacific a effectué les derniers réglages des deux bras électroniques installés hier soir au Château Royal sur Thomas, 12 ans, originaire du Vanuatu. Après un accident domestique survenu à Tanna en 2017, l’administration de l’école de l’enfant a contacté la maison mère de l’association, qui l’a redirigée vers la structure calédonienne. Une véritable aubaine pour le petit et sa maman, Florence.

    La création et le montage de l’appareil ont été entièrement produits localement, à l’aide d’imprimantes 3D. « Les bras sont conçus à l’aide d’un procédé électronique et sensoriel, non invasif, doté de capteurs millimétriques capables de récolter plus d’un millier d’informations à la seconde », commente l’un des bénévoles en charge de la construction. « Ce fut un travail de longue haleine, de plusieurs allers-retours au Vanuatu et de réajustements, mais on y est », précise Jean Christophe Turcon, président d’Enable Calédonie. « Ce que l’on veut, c’est donner une belle visibilité au handicap en faisant sourire les enfants. Les appareillages sont ludiques, on leur laisse choisir les couleurs. Thomas voulait de l’orange sur les doigts, du bleu sur les paumes et du rouge sur les bras ! »

    La prothèse aux couleurs de super-héros de Thomas en phase de réajustements. Crédit photo F.O

     

    Appel aux dons aux associations

    En tout, ce sont plus d’une quinzaine de bénévoles spécialisés et quelques dizaines de projets réalisés depuis la création de l’association, en 2016. Morgane Rival, du collectif Handicap, invite à une réelle prise en charge de l’infirmité dans nos sociétés. « Nous attendons depuis 2016 la validation par le Congrès du schéma directeur du handicap. Cela permettrait de faire valoir les droits des personnes handicapées en Nouvelle-Calédonie, aller vers une société moins exclusive. Il faut que l’on avance très rapidement sur la réglementation car cela nous freine beaucoup. »

    En attendant, les associations sont ouvertes aux dons, avec une déductibilité pour le mécénat (60 % pour les entreprises et 75 % pour les particuliers). « Il ne faut pas rester insensible, car cela peut arriver à n’importe qui », conclut Jean-Christophe Turcon.


    Savoir +

    www.enable.asso.nc

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