Nouvelle Calédonie
  • ENTRETIEN AVEC monseigneur Calvet, archevêque de Nouméa
    Propos recueillis par Anthony Tejero | Crée le 17.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 17.04.2019 à 08h47
    Imprimer
    Monseigneur Calvet aura, en cette Semaine sainte, une pensée particulière pour les pompiers qui ont limité l’ampleur du désastre. Photo : A.T.

    Les Nouvelles calédoniennes : Comment avez-vous appris la nouvelle ?

    Je l’ai découverte parmi les titres des nouvelles, au réveil, à 5 heures. Et quand on sait ce que peut être un incendie dans un édifice de ce genre, j’ai compris tout de suite la gravité de la chose.

    Au bout d’une demi-heure, les images apparaissaient sur les écrans avec le feu qui affectait déjà toute la toiture. C’était tout à fait dramatique de voir la cathédrale de Paris dans cet état, d’autant plus que j’avais de nombreux souvenirs qui me rattachaient à Notre-Dame.

    Lesquels ?

    Dans le diocèse, ici, nous avons eu comme prêtre à la cathédrale de Nouméa monseigneur Jean-Yves Riocreux, qui est maintenant évêque de la Guadeloupe, mais qui, auparavant, avait été recteur de Notre-Dame de Paris. J’avais également un cousin qui a occupé cette fonction. J’avais été invité en 2000 pour une conférence de carême dans la cathédrale. C’était une occasion extraordinaire d’être là, dans cette cathédrale remplie et magnifique.

    Quel message souhaitez-vous adresser aux Calédoniens ?

    Tous les Calédoniens qui ont l’occasion de visiter la France aiment passer par Notre-Dame de Paris, comme d’ailleurs tous les gens qui vont à Paris. Les Calédoniens y vont aussi par dévotion. Les premiers missionnaires maristes de Nouvelle-Calédonie sont passés par Notre-Dame de Paris.

    Cet incendie se déroule en pleine Semaine sainte…

    En effet. J’ai envoyé ce matin un message à l’archevêché de Paris pour lui dire la solidarité des Calédoniens et lui dire qu’en cette Semaine sainte, on priait avec eux. Ce sera aussi le moment de penser à tous ceux qui ont fait en sorte que le désastre ne soit pas maximum car les pompiers sont arrivés à limiter les dommages. La structure n’a pas été totalement affectée. Si bien qu’avec les compétences qui existent en France, il sera possible avec du temps et des moyens de redonner à l’édifice sa splendeur normale qui attire à juste titre les touristes mais aussi les croyants. La cathédrale n’est pas un simple édifice, une coquille vide. C’est un endroit vivant. Quand l’incendie s’est déclaré se tenait une assemblée ouvrière. Et c’est la raison d’être d’une cathédrale : c’est un lieu de rencontre de Dieu et de son peuple. Et donc, les gens tiendront à pouvoir, dès que possible, se retrouver dans la prière dans la cathédrale.

    Des offices supplémentaires seront-ils mis en place ?

    Non, le calendrier de la Semaine sainte reste inchangé dans notre diocèse. Mais au cours des prières universelles, bien sûr, les diocésains de Paris et tous ceux qui ont été affectés par cette catastrophe seront dans le cœur des fidèles et en particulier des Calédoniens.

    Vous attendez-vous à voir davantage de monde à la messe ?

    Ici, de toute façon, il y a chaque année une affluence considérable lors de la Semaine sainte. Pour la messe du Jeudi saint, à 18 h 30, il y aura certainement foule. On aura une pensée pour les gens de Paris qui ne peuvent pas être dans Notre-Dame comme ils le souhaiteraient à cette période-là.

    Emmanuel Macron a déjà évoqué la mise en place d’une souscription nationale pour aider à la reconstruction. Est-ce qu’un dispositif pourrait être mis en place localement ?

    On est encore bien loin encore d’avoir pensé à tout ça, car on est encore sous le coup de l’événement. Mais naturellement, s’il y avait des dons qui apparaissaient spécialement à cette intention, on fera le nécessaire pour les acheminer vers le diocèse de Paris. C’est une question de solidarité dans l’Eglise pour un édifice qui est connu et fréquenté, y compris par les Calédoniens.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS