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  • AFP | Crée le 16.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 16.05.2019 à 04h25
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    Jacinda Ardern et Emmanuel Macron souhaitent que les entreprises du Net prennent leurs responsabilités.Photo DR
    Internet. La France tente de s’installer en pivot des débats sur la régulation d’Internet. Elle a lancé hier à Paris, avec la Nouvelle-Zélande, « l’appel de Christchurch » contre l’extrémisme en ligne et un nouveau sommet « Tech for good ».

    La diffusion en direct sur Internet, par son auteur, le 15 mars du massacre de Christchurch, qui a fait 51 morts, a particulièrement marqué les esprits.

    « L’attaque était conçue pour être virale » sur la Toile, et c’est « inédit à l’échelle mondiale », a souligné mardi Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise, dans une interview au Monde. Elle a expliqué que Facebook avait retiré 1,5 million de copies dans les 24 heures qui ont suivi l’événement. Néanmoins, elle-même fait partie de la multitude de personnes qui ont vu la vidéo quand elle a ouvert le fil d’actualité de son compte.


    Karanga maori

    « Nous demandons à toutes les nations et aux entreprises privées de faire les changements nécessaires pour empêcher la diffusion de contenus terroristes sur Internet, d’assurer leur retrait rapidement et d’empêcher que le live-streaming ne serve à la diffusion d’attaques terroristes en cours », a poursuivi Mme Ardern.

    « Il ne s’agit pas de saper ou de limiter la liberté d’expression. Mais que les entreprises technologiques fassent preuve de responsabilité », a-t-elle indiqué. Hier, elle était attendue à Paris pour lancer à l’Elysée avec Emmanuel Macron cet « appel de Christchurch ». En présence du roi Abdallah de Jordanie,du président du Sénégal Macky Sall, des Premiers ministres de Norvège, du Canada, du Royaume-Uni et de l’Irlande, et de représentants de Google, Twitter.

    « Nous cherchons à établir un plan d’action à long terme » a indiqué Mme Ardern. « L’objectif est de se donner des axes de travail pour l’avenir » notamment en termes de « réactivité aux incidents » et de « collaboration » entre les différents acteurs, plateformes, Etats et sociétés civiles, a expliqué de son côté l’Elysée.

    Cet « appel de Christchurch » a été précédé d’un karanga, un appel traditionnel maori.

    En parallèle, se tenait la deuxième édition de « Tech for good », qu’Emmanuel Macron avait initiée l’an dernier en invitant les grands noms de la technologie à discuter des contributions que l’informatisation peuvent apporter.

    Plusieurs dizaines de dirigeants internationaux de la tech devaient donc plancher hier avec des ministres français. Cinq domaines ont été retenus : l’éducation, la diversité et le genre, l’avenir du travail, l’inclusion professionnelle et l’environnement.

    Jack Ma (Alibaba, l’Amazon chinois), Ken Hu (Huawei), Virginia Rometty (IBM), Borge Ekhlolm (Ericsonn), Dara Khosroshahi (Uber), Gillian Tans (Booking), Young Sohn (Samsung) étaient attendus tout comme des patrons français (Patrice Caine de Thales, Philippe Wahl de La Poste, Jean-Paul Agon de l’Oréal, Eric Leandri de Qwant, Frédéric Mazzella de Blablacar…).


    Une charte au G7

    En outre, les ministres du G7, chargés du numérique, avaient prévu de travailler autour du secrétaire d’Etat français au numérique, Cédric O, sur un projet de charte contre la haine en ligne, que la France voudrait faire adopter lors du sommet du G7 qu’elle présidera à Biarritz du 24 au 26 août. Des discussions qui ne sont pas gagnées d’avance, car Washington s’inquiète des velléités poussées par Paris, au nom notamment de la liberté d’expression.

    « Il peut y avoir des sensibilités différentes » sur la liberté de parole parmi les Etats, a souligné Cédric O. Mais nous avons bon espoir que les plus grandes plateformes d’Internet signent la charte. »

    A noter que s’ouvre aujourd’hui à Paris le salon international des start-up et de l’innovation Vivatech, qui a rassemblé 100.000 visiteurs l’an dernier.


    Hier, Facebook a réagi à « l’appel de Christchurch ». Le groupe a annoncé restreindre l’usage de sa plateforme Live de vidéo en direct. Désormais, les utilisateurs ayant déjà enfreint les règles d’utilisation du réseau social,

    notamment celles proscrivant les « organisations et individus dangereux », n’y auront plus accès pendant un certain temps. 7,5 millions de dollars seront investis pour améliorer l’analyse des images et des vidéos.

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