Pacifique
  • AFP | Crée le 25.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 25.06.2019 à 10h30
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    Des centaines de réfugiés et demandeurs d'asile sont retenus dans des camps de transit sur des îles du Pacifique, à Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) et Nauru, après avoir tenté de gagner l'Australie par la mer. Photo Eoin Blackwel/AFP
    PORT MORESBY. Une tentative d'immolation par le feu a déclenché vendredi un incendie dans un camp de Papouasie-Nouvelle-Guinée abritant des migrants en proie à un désespoir croissant face à leurs conditions de vie.

    Selon une coalition d'associations qui soutient des réfugiés et demandeurs d'asile retenus dans des camps de transit sur des îles de Papouasie-Nouvelle-Guinée, un incendie s’est déclaré dans l’un d’eux à la suite d’une tentative d’immolation par le feu.

    Quelque huit cents réfugiés au total vivent depuis plusieurs années dans des conditions très dures sur ces îles. A Manus, les autorités et des associations de défense ont fait état d'une hausse des tentatives de suicide après la victoire surprise de la coalition conservatrice en Australie aux élections du 18 mai. Le dernier incident en date, vendredi, a concerné un Indien, âgé de 31 ans, qui a tenté de s'immoler par le feu, se brûlant le visage et les mains, a expliqué Ian Rintoul de la Coalition pour les réfugiés (Refugee Action Coalition). Des photos publiées par Ian Rintoul, à l'instar de nombreux demandeurs d'asile, montraient des personnes luttant contre les flammes dans le camp.

     

    Trois cents demandes rejetées

    Selon le ministère australien de l'Intérieur, l'incident est « traité par les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée ». Celle-ci avait déployé fin mai des forces paramilitaires à Manus en raison de la tension croissante parmi les quelque cinq cents à six cents migrants restés sur l'île. Parqués dans trois sites temporaires, ces migrants se retrouvent dans un vide juridique depuis la fermeture en 2017 du camp géré par l'Australie, jugé inconstitutionnel par la Cour suprême de Papouasie.

    Canberra leur a proposé de s'installer définitivement en Papouasie, d'être transférés vers le centre de rétention du micro-Etat insulaire de Nauru, d'être relocalisés dans un pays tiers comme le Cambodge ou les Etats-Unis ou de rentrer dans leur pays.

    Ceux dont le statut de réfugié est reconnu peuvent, en principe, envisager d'être transférés aux Etats-Unis aux termes d'un accord de relocalisation qui avait été conclu entre Washington et Canberra sous le mandat du président américain Barack Obama.

    Mais cet accord a été violemment critiqué par son successeur, Donald Trump. Le ministre australien de l'Intérieur, Peter Dutton, a déclaré la semaine dernière que plus de trois cents personnes avaient vu leur demande rejetée.

    Parallèlement, Canberra a opposé une fin de non-recevoir, en novembre 2017, à une proposition néo-zélandaise d'accueillir cent cinquante des réfugiés détenus.

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