Pacifique
  • | Crée le 20.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 20.06.2019 à 10h42
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    Le nouveau port serait situé dans la baie en arrière-plan.Photo DR
    SAMOA. Un plan pour le développement d’un nouveau port sur l’île de Upolu, financé par la Chine, inquiète, notamment l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

    Quelque 31,6 milliards de francs Pacifique pour développer un port à Vaiasu Bay, proche de la capitale, Apia. C’est ce que propose la Chine aux Samoa. Déjà très endetté, le petit Etat espère un financement sous forme de subvention et non de prêt.

    Le Premier ministre samoan Tuilaepa Malielegaoi avait révélé l’an dernier un plan pour le développement d’un port capable d’accueillir porte-conteneurs, navires de croisière et bateaux de pêche, mais sans révéler la source du financement, et entretenant le mystère sur l’emplacement exact.

    Plus de 16 milliards déjà dus à la Chine

    Un navire hydrographique chinois avait effectué des relevés, et le Premier ministre a annoncé que Pékin avait exprimé son intérêt si les études de faisabilité étaient concluantes. En février dernier, il a également annoncé que Xi Jinping pourrait se rendre aux Samoa avant la fin de l’année.

    Le Fonds monétaire international a déjà exprimé son inquiétude à propos du niveau d’endettement des Samoa envers la Chine.

    En 2017, la dette nationale samoane s’élevait à 16,6 milliards de Fcfp, dont 16,2 dus à la Chine.

    Parmi les projets financés par Pékin, que ce soit via des aides directes ou des prêts, on compte déjà le nouvel aéroport international (5,5 milliards de Fcfp), le siège du gouvernement samoan, le ministère de la Justice, le tribunal et le siège de la police, d’importants travaux à l’hôpital national.

    Sans compter de multiples petits projets à fort impact local, comme des bourses universitaires, de l’équipement médical, l’adduction d’eau potable dans certains villages, la fourniture d’ordinateurs portables au parlement local ou encore, le mois dernier, 87 véhicules et du matériel de sport destinés aux Jeux du Pacifique organisés en juillet.

    L’exemple du Sri Lanka

    Les analystes australiens s’inquiètent de voir construire ce qui pourrait devenir une base militaire, au cœur du dispositif de défense du Japon, de l’Australie et des Etats-Unis, et sur les routes commerciales du Pacifique. Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères a déclaré que le projet semblait « disproportionné » pour les besoins samoans, tout en ajoutant : « Les Samoa sont un pays souverain, nous n'avons pas à leur dire ce qu’ils doivent faire ».

    Le financement chinois de ports dans les pays en développement est très controversé. L’un des exemples les plus récents est celui du Sri Lanka, qui a dû abandonner le contrôle de ses installations portuaires de Hambatota à la Chine pour 99 ans, le pays étant dans l'incapacité de rembourser ses emprunts.

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