Pacifique
  • AFP | Crée le 08.05.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.05.2019 à 10h08
    Imprimer
    Un groupe de députés veut présenter une motion de censure pour renverser le Premier ministrePeter O’Neill.Photo AFP
    Papouasie-Nouvelle-Guinée. Après la démission de plusieurs membres de son gouvernement, le Premier ministre a assuré qu’il avait le soutien de son parti et qu’il survivrait à un vote de confiance.

    Peter O’Neill, à la tête du gouvernement papou depuis huit ans, risque d’être confronté à un vote de confiance à la reprise de la session parlementaire prévue hier.

    Plusieurs de ses ministres ont jeté l’éponge, dont ceux de la Défense, de la Santé et de la Forêt qui ont démissionné vendredi. Toute une série de membres du Parlement et d’influents gouverneurs de province ont aussi choisi le camp de l’opposition. Le gouverneur de la province d’Enga, Sir Peter Ipatas, est le dernier député en date à avoir quitté l’Assemblée hier.

    Des dizaines de députés de l’opposition ont installé leur QG dans un hôtel de Port Moresby avant le vote au Parlement et ils ont nommé James Marape Premier ministre par intérim.

    Dénonçant « des individus qui agissent par intérêt personnel », le Premier ministre, 54 ans, a affirmé dans un communiqué qu’il était « certain d’avoir le nombre de soutiens nécessaires pour continuer à gouverner ». Ses contempteurs l’accusent de microgestion et de se servir de ses fonctions à des fins personnelles. Ses opposants, embarqués dans une chasse aux voix, cherchent à convaincre 56 parlementaires sur 111 de voter en faveur d’une motion de censure.

    Selon les estimations, il manque aux détracteurs de M. O’Neill quatre voix pour l’emporter mais le lobbying s’est fait de plus en plus intense et la situation pourrait changer.

    Les allégeances régionales ou tribales peuvent surpasser le poids des liens à un parti en Papouasie mais le Premier ministre assure qu’il dispose des voix pour survivre. « Actuellement, plus de 60 membres du Parlement se rassemblent autour de notre gouvernement », a-t-il dit lundi.

     

    La police déployée

    Plus de 1 000 policiers ont été déployés autour de la capitale, Port Moresby, en prévision du vote de censure contre le Premier ministre.

    La grogne monte depuis des mois mais elle s’est cristallisée avec la signature d’un contrat gazier avec le Français Total et les Américains ExxonMobil et Oil Search, détenu pour partie par le gouvernement papou. Ses opposants accusent le projet de ne pas profiter assez à la population.

    M. O’Neill a imprimé une certaine stabilité politique à un pays souvent divisé. Mais son mandat est terni par la corruption généralisée, la criminalité élevée et des investissements à grande échelle qui ont fait s’envoler la dette sans vraiment bénéficier aux huit millions d’habitants. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est un des pays les plus pauvres du monde. Seul un habitant sur dix a un accès fiable à l’électricité.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS