Pacifique
  • Jérôme Taylor/AFP | Crée le 23.03.2019 à 04h25 | Mis à jour le 23.03.2019 à 04h25
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    Le temps était au recueillement hier. L’imam de la mosquée al-Nour Gamal Fouda a remercié tous les Kiwis pour leur formidable élan après la tuerie et rappelé que cet événement avait resserré les liens entre tous les habitants.Photo AFP
    Christchurch. L’appel à la prière a été diffusé hier dans toute la Nouvelle-Zélande, suivi de deux minutes de silence, pour rendre hommage aux 50 musulmans tuésil y a une semaine.

    Hier, des milliers de personnes, dont la Première ministre Jacinda Ardern, se sont recueillies en silence dans un parc en face de la mosquée al-Nour, la première visée le 15 mars par le tueur. Ce massacre a provoqué une onde de choc dans l'archipel connu pour sa tolérance, sa faible criminalité et sa tradition d’accueil.

    Depuis une semaine, les Néo-Zélandais se sont mobilisés en nombre pour des veillées ou encore des célébrations du traditionnel haka maori. Hier encore, des habitants allaient embrasser leurs voisins musulmans dans d’émouvants témoignages de solidarité.


    « Indivisible »

    A 13 h 30, le muezzin a lancé l’appel à la prière, qu’ont écouté des milliers de personnes rassemblées dans le Parc Hagley, près de la mosquée al-Nour. Cette prière a été relayée par les télévisions, les radios et sur de nombreux sites Internet. Le pays a ensuite observé deux minutes de silence, notamment lors de rassemblements organisés à Auckland, à Wellington et dans plusieurs autres villes.

    En Australie, de nombreuses personnes se sont également arrêtées à l’heure dite en signe de respect.

    L’imam de la mosquée al-Nour Gamal Fouda, qui dirigeait la prière, a dénoncé la haine tout en notant le formidable élan de solidarité apparu en Nouvelle-Zélande depuis la tragédie. « Je regarde et je vois l’amour et la compassion dans les yeux de milliers de compatriotes néo-zélandais et d’êtres humains dans le monde entier, a-t-il dit. Ce terroriste voulait diviser notre Nation au nom d’une idéologie maléfique […] Mais, au contraire, nous avons montré que la Nouvelle-Zélande était indivisible. »


    Un foulard pour dire sa solidarité

    Une semaine après, la mosquée al-Nour demeure fermée, et des ouvriers s’efforcent de restaurer ses murs criblés de balles pour qu’elle rouvre au plus vite.

    Après la prière, hier, la tristesse a cédé la place à la communion entre musulmans et non-musulmans posant ensemble pour des photos devant l’impressionnant parterre de bouquets de fleurs.

    Koro Tini, un Maori de 46 ans aux tatouages traditionnels et vêtu d’un costume indigène cérémonial, est ainsi venu embrasser un fidèle musulman. « Nous ne pensions pas poser pour des photos après la prière mais il y a des gens qui voulaient le faire, a expliqué M. Tini. Il y a un sentiment de joie. »

    Hier, de nombreuses femmes à travers tout le pays avaient choisi de porter un foulard pour exprimer leur solidarité avec la communauté musulmane. Certaines publiaient des photos d’elles ainsi voilées sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #HeadScarfforHarmony (Foulard pour l’harmonie).


    Repères


    Un permis de port d’arme octroyé en 2017

    La police a révélé hier s’être entretenue en octobre 2017 avec l’auteur de la tuerie avant de lui octroyer le permis grâce auquel il avait

    acquis les armes utilisées dans le massacre. Brenton Tarrant, qui a été inculpé

    samedi, avait demandé un permis de port d’arme en septembre 2017 et une « équipe de contrôle des armes à feu » de la police lui a rendu visite à domicile à Dunedin (sud) le mois suivant. Son permis avait été approuvé en novembre 2017.

    La Nouvelle-Zélande a réagi à ce carnage en interdisant jeudi les armes semi-automatiques et les fusils d’assaut. Une mesure applicable depuis hier.

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