Nouvelle Calédonie
  • Mer. Le gouvernement protège les espèces marines
    B.N. | Crée le 24.04.2013 à 03h00 | Mis à jour le 24.07.2016 à 03h34
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    Les requins sont surpêchés, notamment par les flottes asiatiques, pour la découpe d'aileron surtout. Photo archives LNC
    Ça n'est pas pour faire barrage à une surpêche, mais bien pour s'aligner sur la protection internationale que le gouvernement a interdit, hier, la pêche aux requins. Dans la foulée, les atolls d'Entrecasteaux ont été classés en parc naturel.

    Protection de niveau international. Le gouvernement a adopté, hier, plusieurs interdictions en faveur de la protection des requins. La pêche, la capture, la détention ou la commercialisation de toutes les espèces de requins sont désormais interdites dans la ZEE (*), Zone économique exclusive, entourant le Caillou, soit 1,4 million de km2.

    Cette décision a une portée essentiellement symbolique puisque les requins ne font pas l’objet d’une chasse et surpêche dans notre zone, même si des équipages asiatiques s’y sont déjà aventurés. Certains ayant été arraisonnés et condamnés par le passé.

     

    Sanctuaires. Mais la décimation d’espèces de requins, provoquée par les flottilles asiatiques notamment, est bien réelle « principalement dans la zone tropicale », rappelle Mikael Quimbert, chef du service de la marine marchande et des pêches maritimes-NC. « Et dans le Pacifique, des Etats ont déjà créé des sanctuaires pour les requins comme en Polynésie française, aux îles Marshall, à Palau et Tokelau. Nous prenons aussi cet engagement régional. »

    Les nouvelles mesures d’interdiction s’étendent également à la découpe, au transport, à la commercialisation, l’exposition à la vente, la vente, l’achat et l’exportation de requin ou de morceaux d’animal, y compris dans les articles de bijouterie.

    La mutilation par l’enlèvement des nageoires ou parties des nageoires est elle aussi prohibée. De même que toute activité basée sur l’observation des requins préalablement attirés par l’homme par le biais de nourriture, communément appelée « shark-feeding ».

     

    Hauturiers. La seule pêche de requins connue en Nouvelle-Calédonie est celle du requin Mako, que l’on retrouve toutes les semaines au marché de Nouméa, entre 1 250 et 1 500 francs le kg. Il s’agit d’une « petite » pêche pratiquée une fois par semaine, soit 10 tonnes à l’année, sur les 2 500 tonnes globales ramenées par les pêcheurs hauturiers.

    « L’interdiction de pêche concerne la ZEE, c’est-à-dire, en dehors du lagon qui relève de la compétence des provinces, souligne Mikael Quimbert. Ça veut dire que l’exploitation du Mako peut continuer dans le lagon sauf interdiction provinciale. »

    Cette mise à niveau de la protection internationale des requins s’est accompagnée, hier, du classement des atolls d’Entrecasteaux en parc naturel (lire en page 9).

     

    (*) La ZEE s’étend à 200 milles marins depuis les côtes, soit environ 370 km. Elle fait partie du territoire souverain de l’Etat côtier.
     

    Les atolls d’Entrecasteaux classés en parc naturel

    Le classement des atolls d’Entrecasteaux en parc naturel répond aux exigences de protection du site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce parc naturel est composé d’une réserve intégrale, d’accès interdit, comprenant deux des quatre îlots des atolls, afin notamment de protéger les populations de tortues et d’oiseaux marins remarquables, comme le Fou à pieds rouges. Le parc comprend également une réserve naturelle où les activités sont réglementées avec notamment l’interdiction de chasse et de pêche à but commercial et l’interdiction de perturber les animaux de façon intentionnelle.

    Selon le service de la marine marchande et des pêches maritimes, « un plan de gestion du site a été rédigé. Outre les associations de protection de l’environnement (SCO, ASNNC, WWF, CI) le groupe de travail chargé de son élaboration a associé le syndicat des activités nautiques et touristiques et la commune de Bélep. »

    La surveillance marine, dont celle des atolls d’Entrecasteaux, est assurée par l’armée et désormais aussi grâce à l’Amborella, navire de la Nouvelle-Calédonie.

     

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