Politique
  • Les Nouvelles de Tahiti | Crée le 04.08.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 15h41
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    Alain Christnacht, signataire de l'accord de Nouméa, ancien haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et actuellement conseiller d'Etat, a dédicacé son livre « l'œil de Matignon », samedi matin, à la librairie Montaigne.

    LNC : Quels sujets abordez-vous dans ce livre ?Alain Christnacht : Je parle surtout de la Corse, de la Nouvelle-Calédonie, et de ma négociation avec l'Eglise de France. Je reviens sur la négociation de l'Accord de Nouméa, et sur les discussions pour la Corse qu'on a appelées les lundis de Matignon. Il y a beaucoup d'« accords de Matignon » mais qui n'interviennent pas aux mêmes époques et pas sur les mêmes dossiers.Les Nouvelles calédoniennes : Qu'est-ce qui pousse, selon vous, les Calédoniens à acheter votre livre ? A.C: Je pense que les gens ont besoin de réfléchir sur ce qui s'est passé ici ces dernières années. Ils ont besoin d'exercer leur esprit critique, de comprendre et de se faire une opinion personnelle. Les étudiants, que j'ai en cours en ce moment à l'Université de Nouvelle-Calédonie, me demandent de leur parler des « événements » parce qu'ils ne les ont pas connus, et leurs parents ne veulent pas en parler. LNC : Les Corses viennent de voter non au référendum sur le statut de leur région et les Calédoniens avaient voté oui à l'Accord de Nouméa. Qu'est-ce qui fait l'échec ou le succès d'une négociation ou d'un accord ? A.C : Il y a toujours des tâtonnements. Pour la Calédonie, il y a eu des tentatives qui n'ont pas fonctionné, comme Nainville-les-Roches. Sur la Corse, les problèmes sont différents. Il y a beaucoup d'opposition. Dans le « non » au référendum, il y a le non de Bastia qui avait peur de régresser par rapport à Ajaccio. Celui des fonctionnaires qui n'étaient pas satisfaits de la réforme sur la retraite. Peut-être aussi que les Corses n'étaient pas encore mûrs pour la réforme proposée par le gouvernement. Ici, il y avait eu de longues années de maturation, des tragédies extrêmement fortes, et les gens voulaient cesser de se cogner dans le mur et trouver une porte. LNC : Cinq après la signature de l'Accord de Nouméa, comment jugez-vous l'évolution de la Nouvelle-Calédonie ? A.N : Je crois que les choses évoluent bien. Mais l'histoire ne s'arrête jamais. Il ne faut pas imaginer que la signature d'un accord ouvre un chemin semé de pétales de roses, que subitement tous les gens s'aiment et ont les mêmes intérêts. Il y a des conflits, et il y en aura d'autres. Mais je ne pense pas qu'on revienne dans des situations d'impasse. Je pense que maintenant la méthode pour sortir des conflits est trouvée. Cela étant, on sait bien qu'à l'approche des élections, les choses s'agitent et les gens se positionnent. C'est rarement un moment de la vie politique où la température et la pression sont les plus calmes.LNC : Que pensez-vous de la visite du président de la République en Nouvelle-Calédonie ?A.N : Je ne commente pas les déclarations de Jacques Chirac. En revanche, je pense qu'il est très bien que le président de la République vienne ici. Cela montre que la Nouvelle-Calédonie est importante. Et cela montre aussi qu'au plus haut niveau de l'Etat, la préoccupation de la Calédonie est toujours forte. Le risque dans les ministères, quand l'argent est rare ou quand la Calédonie n'est pas d'actualité, c'est que les gens se disent : « C'est loin, c'est compliqué, etc. » Alors qu'après une visite comme celle qu'il vient d'effectuer, le président, de retour à Paris donne des instructions. Et le gouvernement continue de s'intéresser au territoire visité, tant pour les aides, que pour les crédits, ou pour un bon suivi politique. En ce sens, la venue de Jacques Chirac était donc très importante. Et globalement sa visite est une réussite.

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