Politique
  • LNC | Crée le 31.07.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 15h41
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    Paul Néaoutyine, qui s'est peu exprimé au cours de cette visite présidentielle, s'est montré satisfait et rassuré des propos tenus par le chef de l'Etat en Nouvelle-calédonie et de ses ambitions en faveur de l'intégration des territoires français dans le Pacifique.

    Les Nouvelles calédoniennes : Que retenez-vous de la tenue de ce sommet France-Océanie présidé par Jacques Chirac?Paul Néaoutyine : Il y avait une certaine sérénité et continuité dans les propos que le président de la République a tenus ici en Nouvelle-Calédonie et ceux qu'il a exposés devant les chefs d'Etat à Papeete. Il souhaite que la France s'intègre mieux ou soit mieux prise en compte dans le Pacifique. En réalité, il aspire à ce que les territoires français, donc non indépendants, soient reconnus dans les instances régionales. La Nouvelle-Calédonie est déjà membre du Forum. Il a soutenu la candidature de la Polynésie.C'était très intéressant car les échanges étaient basés sur la création d'un partenariat entre la France et les pays de la zone pour que des actions communes soient réalisées et que le Pacifique trouve sa place dans le monde multipolaire.LNC : Etes-vous satisfait de la visite de Jacques Chirac en Nouvelle-Calédonie ? P.N : Nous avons signé deux accords politiques sous deux gouvernements de gauche. Aujourd'hui, les propos de Jacques Chirac s'inscrivent dans la continuité de ces accords. Il a souhaité que le processus continue dans le dialogue et le consensus. C'est la voie que nous avons choisie. Mais le camp indépendantiste veille à ce que la question du corps électoral soit réglée. LNC : Même sentiment à propos de l'usine du Nord ?P.N : Jacques Chirac a clairement dit que le projet Koniambo était un projet prioritaire et qu'il ferait en sorte que rien n'entrave sa réalisation. De plus, après avoir entendu la présentation du projet par le président de Falconbridge, le chef de l'Etat m'a confié qu'il avait confiance dans ce qu'il avait entendu. Donc nous aussi.LNC : Que pensez-vous de l'attitude de l'Union calédonienne au cours de cette visite ? P.N : L'Union Calédonienne a fait une autre analyse que celle du congrès FLNKS de Moindou. Une réunion à laquelle l'UC avait participé et qui prévoyait qu'on aille défendre les sujets du corps électoral et de l'usine du Nord au Comité des signataires et devant le président de la République. Entre-temps, une délégation de l'UC est allée à Paris. Elle en est revenue insatisfaite et a adopté une nouvelle stratégie tant pour le Comité des signataires que la visite de Jacques Chirac .Maintenant, je crois que les résultats sont là. On a entendu le chef de l'Etat et Brigitte Girardin s'exprimer clairement sur ces dossiers. L'Union calédonienne doit en tirer les conclusions. La question que je pose aujourd'hui c'est comment fait-on pour faire vivre l'accord de Nouméa lorsqu'un des signataires à l'intérieur du FLNKS choisit de se tenir à l'extérieur quand les partenaires sont à l'intérieur de la case ? LNC : En tant que partenaire indépendantiste, vous apparaissez aujourd'hui comme l'interlocuteur privilégié de l'Etat et du Rassemblement. Assumez-vous ce rôle ?P.N : J'ai déjà été président du Front. Je continue à porter les revendications arrêtées au cours des congrès du FLNKS en tant que militant indépendantiste et représentant d'un des partis qui composent le Front. Si l'UC se retire c'est son choix. Nous nous sommes engagés dans une lutte. Nous pensons qu'il y a une évolution positive. Aujourd'hui, je suis président de la Province nord, membre du Palika et du FLNKS qui nous a chargés de signer l'accord de Nouméa et de veiller à sa mise en œuvre. Je serai là tant que les choses évolueront dans ce cadre-là.

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