Société
  • LNC | Crée le 11.03.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 13h01
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    Au fur et à mesure de la progression de l'épidémie, il se confirme que Poindimié est l'un des principaux foyers de dengue de Nouvelle-Calédonie.Le nombre de cas croît de plus en plus rapidement. Il devient urgent que chacun passe à l'action.

    Depuis le début de l'épidémie, les tribus de Tyé, Tiéti et le village constituent le foyer majeur. Le nombre de cas confirmés par l'Institut Pasteur en fin de semaine dernière pour la commune s'élevait à 79.Afin de bien mesurer l'ampleur de l'épidémie, il faut savoir que des études sur la progression des épidémies de dengue ont prouvé que le nombre réel de cas est trois à quatre fois supérieur au nombre de cas confirmés. Des cas plus isolés apparaissent régulièrement dans presque toutes les autres tribus.Rappelons qu'à l'apparition du moindre symptôme (fortes fièvres d'accès brutal, maux de tête, courbatures, vomissements…), il ne faut surtout pas prendre d'aspirine et qu'il est indispensable d'aller consulter au plus vite son médecin.C'est en effet à partir de cette visite chez le docteur que le réseau sanitaire sera activé, aboutissant à l'intervention des services techniques compétents pour détruire les moustiques et gîtes larvaires autour de l'habitation de la personne malade. Dépasser les critiquesProgressivement et depuis la rentrée scolaire surtout, l'information sur les gestes simples à accomplir fait son chemin mais il reste encore beaucoup de travail pour parvenir à modifier les comportements.Des critiques sur la lenteur de réaction des pouvoirs publics alimentent fréquemment les conversations. Mais, qui n'a pas fait parfois preuve de négligence ?Peu importe, « il n'est jamais trop tard pour bien faire » se plait à dire Olivier Cassar, virologue à l'Institut Pasteur. Au-delà des querelles qui ne referont pas le passé, il apparaît que les réunions d'information associant les services de l'Institut Pasteur, ceux de la DASSPS de la Province nord, la commune, les tribus et les établissements scolaires se sont multipliées ces dernières semaines : réunions à Tyé et Tiéti le 21 février, le maire a abordé le sujet avec les coutumiers le 3 mars, information dans les écoles, travail sur le terrain de l'éducatrice sanitaire et de l'auxiliaire de vie du dispensaire… D'autres rencontres sont prévues cette semaine à Amoa et Tiwaka.Ces rendez-vous ont été bénéfiques. « ces réunions ont contribué à une prise de conscience des habitants » indique Baptiste Némia, chef du centre de secours. « Elles ont permis d'accroître l'efficacité du dispositif de lutte en relation avec les coutumiers. » Des actions concrètes sur le terrain ont été entreprises. Un nettoyage de la tribu de Tiéti a été effectué le 28 février par la population, en partenariat avec la commune. Même cas de figure samedi dernier à St-Denis où les habitants ont eux-mêmes traité la zone avec de l'insecticide, épaulés par le pompier pour le dosage du produit.« Il faut que chacun donne du sien. L'intervention des pouvoirs publics ne sera jamais suffisante, tout le monde doit mettre la main à la pâte » lance Madeleine Prantyegiei-Galahi, 3ème ajointe au maire et habitante de St-Denis.Parallèlement à cette lutte larvaire, la lutte vectorielle s'est également renforcée. Que ce soit au moyen d'un diffuseur sur un véhicule (léco) ou d'un appareil portable (swingfog), les épandages d'insecticide sont désormais quotidiens avec une attention particulière aux abords des écoles et de l'hôpital.

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