Société
  • J.J. | Crée le 05.03.2019 à 04h30 | Mis à jour le 05.03.2019 à 07h19
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    Si des affrontements ont eu lieu vendredi devant Jules-Garnier, l’établissement avait retrouvé son calme hier. Photo T.P.
    SOCIÉTÉ. Les bagarres survenues en fin de semaine devant trois lycées du Grand Nouméa n’auraient rien à voir avec les rixes de 2017, estiment établissements scolaires et autorités. La vigilance reste de mise.

    « Nous avons dû gérer de petites bagarres qui n’ont rien à voir avec celles de 2017. Ces affrontements ne sont pas aujourd’hui de nature à nous inquiéter. » Pour César Lizurey, commandant de la compagnie de gendarmerie de Nouméa et des îles Loyauté, si une vigilance doit être maintenue autour des établissements scolaires en cette période de rentrée, les bagarres survenues en fin de semaine* devant les lycées Jules-Garnier (Nouméa) et du Mont-Dore, tiendraient plus de « l’acte isolé » que de la rixe générale. Le week-end aurait d’ailleurs été, selon lui, « moins violent » qu’attendu. « Les vacances avaient apaisé les esprits, la rentrée a remis ensemble des groupes antagonistes. »

    Les altercations, dont les raisons varient, auront tout de même impliqué jets de pierre et grenades lacrymogènes devant le lycée nouméen, mobilisant des parents inquiets de voir revenir les affrontements (lire par ailleurs). Ils relativisent aujourd’hui. « La violence a beaucoup diminué, il y a eu de nombreux échanges. On rappelle chaque année aux parents qu’il ne faut pas lâcher l’éducation de leurs enfants parce qu’ils sont grands, mais on ne peut pas être partout », pose Amélie Tanifatea, vice-présidente de l’APE de Jules-Garnier, qui salue une équipe encadrante volontaire. « Nous menons une politique de bienveillance et de fermeté. Nous avons fait ce qu’il faut vendredi et dimanche soir à l’internat. Des mesures ont déjà été prises, confirme Michel Lehoullier, le proviseur. Nous avons fait en sorte que tout soit apaisé et que les auteurs des faits soient identifiés et sanctionnés. »

    A l’écoute des rumeurs

    Au lycée du Mont-Dore, peu habitué aux échauffourées, il s’agirait là aussi, selon le commandant Lizurey, d’« un événement isolé et pas de bagarres entre bandes, à la différence de Païta ». Et l’affrontement de vendredi devant Saint-Jean-XXIII ne ferait pas exception. Pour Sophie Kurtovitch, directrice du lycée, une chose est sûre : « 95 % des conflits viennent de l’extérieur. » Si le calme était revenu hier selon elle, la violence n’aurait pas vraiment diminué, même si la réponse est aujourd’hui bien réglée en cas d’affrontements. Confronté au phénomène trois fois en 2018, le personnel, très « à l’écoute des rumeurs des jeunes », mène des rondes de surveillance et connaît la marche à suivre. « On appelle la gendarmerie et on met les élèves à l’intérieur, en essayant de rapprocher les transports scolaires, afin de permettre leur évacuation », détaille celle qui salue le bon fonctionnement du CLSPD, l’intervention rapide des gendarmes, très présents lors des périodes à risque* (lire par ailleurs) et les rondes de l’Asea-NC. « On appelle aussi la mairie qui rebascule l’information aux autres établissements, ça permet de désamorcer les situations tendues. »

    Si la directrice espère que le calme durera, le problème persiste à Saint-Jean-XXIII reconnaît la gendarmerie. « Ce sont toujours les mêmes individus, surtout des jeunes de Scheffleras, et pas forcément du lycée, qui causent des troubles à l’ordre public. Les jeunes délinquants d’aujourd’hui sont les anciens élèves qui n’ont pas été gérés collectivement. Avant, chacun travaillait de son côté. Aujourd’hui, il faut travailler ensemble pour prévenir et lutter. » Contacté, le vice-rectorat a indiqué vouloir attendre les remontées d’informations des établissements avant de s’exprimer.


    Savoir +

    * A lire sur lnc.nc : « Bagarres en série devant les lycées » et « Païta revoit sa stratégie face à la délinquance ».

    Repères

    Bagarres générales ou actes isolés

    Ponctuelles, les violences scolaires touchent toute l’agglomération. Si les événements de la fin de semaine dernière sont considérés comme des « actes isolés » par la gendarmerie, qui pointe, comme les institutions, une année 2018 plutôt calme, 2017 avait, elle, été marquée par de grandes rixes entre jeunes. Filmées et mises en ligne, elles avaient marqué les parents d’élèves et le public, sans pour autant être une première. En septembre, une soixantaine de jeunes de bandes rivales, apparemment de Nouméa, s’étaient affrontés devant le lycée du Grand Nouméa (Dumbéa). En août 2017, 200 élèves s’étaient empoignés à la sortie des cours à Païta, et une trentaine devant le collège de Kaméré.

    Des dispositifs

    Le vice-rectorat, la province et les mairies ont signé un protocole d’accord en mars 2018 afin de renforcer les dispositifs de sécurité aux abords des établissements. Comme la brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ), créée en juillet 2017, et le renforcement des rondes lors des périodes à risques, comme les mercredis et vendredis après-midi, surtout à la veille des vacances.

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