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  • AFP | Crée le 05.06.2019 à 04h35 | Mis à jour le 05.06.2019 à 09h10
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    Comme Gaël Monfils (photo), Benoît Paire n’aura pas passé la barre des huitièmes de finale face au Japonais Kei Nishikori 6-2, 6-7, 6-2, 6-7, 7-5. Photo AFP
    TENNIS. Tous les voyants étaient au vert, toutes les étoiles semblaient alignées. Mais Gaël Monfils, brusquement ramené sur terre dans la nuit de lundi à mardi en huitièmes de Roland-Garros par Dominic Thiem, a de nouveau calé au moment de franchir un palier supplémentaire en Grand Chelem.

    Gaël Monfils à Roland-Garros, c’est un peu le mythe de Sisyphe sur l’ocre. Un éternel recommencement. Souvent attendu Porte d’Auteuil, le Parisien bute inlassablement. Cette année encore, les espoirs étaient grands.

    L’ambition, l’entraîneur, le niveau de jeu, l’état physique, le début de saison, la stabilité personnelle et la confiance… Tous les ingrédients semblaient réunis dans la besace du Français, qui paraissait avoir atteint à 32 ans une prometteuse maturité au moment de défier Thiem, le coriace Autrichien finaliste de l’édition 2018 et N° 4 mondial.

    « A partir du moment où je garde une belle agressivité et une grosse envie, il n’y aura pas de problème », avait-il d’ailleurs assuré avant le choc, promettant « un gros match comme (il) les aime ».

    Blocage

    Insistant aussi sur sa relation avec son nouveau coach, le Britannique Liam Smith (39 ans) qui le suit depuis décembre, un entraîneur « qui analyse beaucoup et qui parle beaucoup », l’idéal à « une étape dans ma carrière où le message passe mieux ». Et même s’il n’a pas échappé, comme souvent, aux blessures de début de saison (tendon d’Achille en mars, cheville en avril), Monfils arrivait quand même conforté par un niveau et un classement intéressants, avec un titre à Rotterdam, une « super préparation foncière ». Bien plus en confiance, en tout cas, que lors de son aventure de 2008, année où il atteint la demi-finale - battu par Roger Federer - sans avoir montré quoi que ce soit sur les six mois précédents.

    Mais voilà, lorsqu’il faut se frotter à un gros cador, même sur sa surface de prédilection, il y a un blocage. La marche est trop haute. Monfils reste en effet sur une seule victoire lors de ses onze derniers matches contre un membre du top 5. En Grand Chelem, c’est la même statistique, mais sur toute une carrière : onze défaites lorsqu’il est confronté à l’un des cinq meilleurs joueurs au classement, pour une seule victoire. Précisément lors de ce Roland-Garros 2008, en quart de finale contre l’Espagnol David Ferrer.

    Déception

    Dans la nuit de lundi à mardi, sur la balle de match, lorsque qu’il voit son ultime retour de revers terminer dans le filet, le Parisien constate son impuissance : tête basse, sourcils froncés, comme s’il ne comprenait pas. Avant de retrouver, rapidement, le sourire, au moment de saluer son adversaire. En tribunes, il est difficile de percevoir à travers les timides applaudissements du public du Central autre chose que de la déception, presque de la surprise à la vue d’une telle gifle (6-4, 6-4, 6-2).

    Des fans surpris, sans doute, par l’absence de folie dans le jeu du Français, pourtant habitué à faire chavirer par son caractère de show-man les travées du court Philippe-Chatrier. « Pourquoi créer de la folie ? », répond Monfils. « Avec le coach, on a décidé de faire autrement, ce n’est pas passé. Forcément, j’aurais pu haranguer un peu plus la foule, mais c’est facile de le dire maintenant », se justifie-t-il, préférant noter qu’il est « resté concentré du début à la fin ». Monfils ne peut que constater. « Ce match-là montre qu’il y a un gros écart entre lui et moi, je n’ai aucun problème à l’admettre », affirme-t-il. « Je n’étais simplement pas assez fort pour lui ».

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