• © 2020 AFP | Crée le 15.02.2020 à 21h02 | Mis à jour le 15.02.2020 à 21h05
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    Un Airbus A350 1000, le 18 juin 2019 à l'aéroport du Bourget ERIC PIERMONT-AFP/Archives

    Le groupe aéronautique européen Airbus a dit samedi regretter "profondément" la hausse des tarifs douaniers imposés par Washington sur les avions produits en Europe, estimant qu'elle ne fait qu'"accroître les tensions commerciales entre l'Europe et les Etats-Unis".

    "La décision américaine crée plus d'instabilité pour les compagnies aériennes américaines qui souffrent déjà d'une pénurie d'appareils. (...). Elle ignore également les observations des compagnies américaines qui soulignaient le fait qu'elles seraient celles qui, au final, payeraient ces tarifs", a déclaré le groupe dans un communiqué.

    Les Etats-Unis ont annoncé vendredi qu'ils allaient relever de 10% à 15% les taxes aériennes imposées aux avions Airbus importés d'Europe, une mesure punitive qui vient s'ajouter aux tarifs douaniers déjà imposés à 7,5 milliards de dollars de produits européens en octobre dernier.

    A l'origine, Washington avait pris cette mesure en représailles contre les subventions reçues par le constructeur aéronautique européen, jugées indues par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). D'autres produits - dont le vin, le fromage, le café et les olives - sont taxés à hauteur de 25% depuis cette date.

    Si les taxes infligées à l'avionneur européen s'appliquent aux appareils terminés livrés aux Etats-Unis, elles ne concernent pas les pièges envoyées à son usine américaine de Mobile (Alabama), où Airbus produit quelques appareils par mois.

    En octobre, Delta Air Lines, compagnie américaine cliente d'Airbus, avait déploré ces sanctions, estimant que les tarifs douaniers allaient causer de "graves préjudices aux compagnies aériennes américaines, aux millions d'Américains qu'elles emploient et aux voyageurs".

    "Airbus va continuer ses échanges avec ses clients américains et travailler avec eux afin d'atténuer autant que possible les effets de ces hausses", ajoute l'avionneur dans son communiqué, ajoutant "espérer que la position du Trésor Américain évoluera, en particulier lorsque l'OMC autorisera l'UE à imposer à son tour des taxes sur les appareils Boeing".

    "Il ne faut pas trop s'émouvoir de ça, les avions qu'on vend aux Etats-Unis sont pratiquement tous fabriqués sur le sol étasunien, on a pas mal contourné l'effet dévastateur que ça aurait pu avoir autrement", a déclaré à l'AFP un représentant de FO, premier syndicat chez Airbus.

    Vieux de 15 ans, le conflit entre les deux puissances commerciales concerne les subventions accordées à leur avionneur respectifs.

    Si l'OMC a d'ores et déjà autorisé les Etats-Unis à appliquer des mesures de représailles, une décision similaire est attendue pour l'Union européenne au printemps.

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