• © 2020 AFP | Crée le 27.03.2020 à 06h06 | Mis à jour le 27.03.2020 à 06h10
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    Benny Gantz, à la tête du parti israélien "Bleu- Blanc", à Ramat Gan, le 7 mars 2020 Ahmad GHARABLI-AFP/Archives

    Dans un retournement aussi spectaculaire qu'inattendu, Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien jeudi dans le cadre d'un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Netanyahu pour mettre fin à la pire crise politique de l'histoire d'Israël.

    Jeudi après-midi à Jérusalem, le petit monde politique attendait l'élection d'un nouveau président du Parlement, au lendemain de la démission de Yuli Edelstein, un proche du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, chef du parti de droite Likoud.

    Benny Gantz, N.1 du parti centriste "Bleu-Blanc", qui a été désigné le 16 mars pour former le nouveau gouvernement après les dernières élections du 2 mars, devait présenter la candidature d'un de ses députés pour ce poste.

    Mais dans un coup de théâtre, il a présenté sa propre candidature, la seule d'ailleurs pour ce poste.

    Il a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de "Bleu-Blanc" ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de M. Netanyahu.

    Et juste après son élection, M. Gantz a appelé à un "gouvernement d'union et d'urgence" pour gérer la crise du nouveau coronavirus.

    Depuis plus d'un an, M. Gantz, ex-chef de l'armée, ne lorgnait pas le poste de président du Parlement mais celui de Premier ministre.

    Il a ainsi été chargé par le président Reuven Rivlin de former le gouvernement dans la foulée des troisièmes législatives en moins d'un an face à M. Netanyahu.

    Ce dernier avait obtenu son meilleur score à la tête du Likoud -36 sièges sur les 120 de la Knesset-, mais sans toutefois parvenir à rallier une majorité.

    M. Gantz avait été désigné car il avait obtenu le soutien d'un plus grand nombre de députés que son rival pour tenter de former un gouvernement, alors que le pays est dirigé par des cabinets transitoires depuis plus de 15 mois.

    Le but de la manoeuvre est "de former un gouvernement avec Netanyahu", a indiqué à l'AFP un cadre de la coalition "Bleu-Blanc", qui était par ailleurs jeudi sur le point d'implosion.

    Peu après l'annonce de M. Gantz, les ténors du parti Yaïr Lapid et Moshe Yaalon ont indiqué quitter le navire.

    - Unité face au virus -

    Pendant ce temps, les équipes de MM. Gantz et Netanyahu mènent des pourparlers dans l'espoir d'accoucher d'un gouvernement d'union et aussi "d'urgence", l'Etat hébreu faisant face à la pandémie du nouveau coronavirus.

    Mais déjà des alliés de M. Netanyahu ont salué la décision de l'ancien chef de l'armée qui semblait avoir rendu les armes.

    "Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d'intégrer un gouvernement d'unité mené par Benjamin Netanyahu. Il s'agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d'urgence" sanitaire, a commenté le ministre de la Défense Naftali Bennett.

    Israël combat la pandémie dont l'un des effets secondaires a d'ailleurs été le report sine die du procès de Benjamin Netanyahu, inculpé pour corruption, malversations et abus de confiance dans trois affaires.

    Jusqu'à présent plus de 2.660 cas, dont huit morts, ont été confirmés officiellement en Israël. Les autorités ont renforcé les restrictions en interdisant aux citoyens de sortir de chez eux hormis pour des raisons essentielles comme acheter des vivres, des médicaments, recevoir des soins de santé, ou dans certains cas travailler.

    "De nouvelles mesures d'urgence ont été mises en place limitant nos déplacements, et notre liberté, comme jamais auparavant, mais pour notre bien-être à tous", a souligné mercredi M. Rivlin.

    Benjamin Netanyahu, plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire du pays, s'était alarmé d'une crise sanitaire qui pourrait perdurer.

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