• © 2020 AFP | Crée le 31.05.2020 à 21h33 | Mis à jour le 31.05.2020 à 21h35
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    Un employé installe des tables et des chaises avant la réouverture des terrasses des cafés, bars et restaurants, le 30 mai 2020 à Paris BERTRAND GUAY-AFP

    A deux jours du sésame tant attendu, cafés et restaurants se préparaient dimanche activement à accueillir les premiers clients depuis deux mois, tandis que sous un soleil estival les Parisiens profitaient des parcs tout juste rouverts.

    Après des semaines de fermeture forcée dramatique pour la survie de certains établissements, les bars, cafés et restaurants des zones vertes sont autorisés à rouvrir leurs portes le 2 juin, avec des règles sanitaires strictes: dix personnes maximum par table, distance d'un mètre au moins entre chaque groupe, consommation debout interdite dans les bars...

    En Ile-de-France, Mayotte et Guyane, toujours en vigilance orange, seules les terrasses pourront rouvrir.

    A Paris, la mairie a annoncé que bars, cafés et restaurants pourraient s'étendre gratuitement sur une partie de l'espace public, les trottoirs, les places de stationnement voire quelques rues fermées à la circulation.

    Pour "permettre à nos cafetiers et restaurateurs de rouvrir alors qu'ils sont en danger de mort", a souligné dimanche sur Europe 1 Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris. En respectant toutefois certaines règles de bon voisinage: "pas de bruit, pas de musique, fermeture à 22h", a-t-il insisté.

    "L’ambiance bar ne va pas reprendre, ça sera vraiment une ambiance de terrasse, service à table avec un mètre de distance entre chaque table, ça sera vraiment pour commencer quelque chose, mais on ne recommencera pas ce qu’on a fait les années précédentes", a commenté Arnaud Bazire, patron du bar-restaurant Le Comité dans le 19e arrondissement. "Le peu de tables qu’on aura en terrasse, on sera toujours plein donc ce sera déjà un bon début oui".

    Certains ont déjà anticipé l'ouverture et samedi des attroupements de clients se formaient devant des restaurants proposant des formules à emporter ou des terrasses improvisées.

    Mal leur en a pris, quatre établissements de la capitale ont été verbalisés et leurs terrasses fermées par la police.

    Inspirés par une météo estivale, les Parisiens ont aussi pris d'assaut les berges de la Seine, du Canal Saint-Martin ou encore les pelouses des parcs rouverts depuis samedi, portant ou non le masque, seulement "recommandé".

    - "Se battre" -

    Au jardin des Tuileries, au cœur de la capitale, des dizaines de joggeurs, marcheurs, photographes amateurs ont investi les lieux très tôt dimanche matin.

    "Je rêvais de pouvoir marcher dans le jardin des Tuileries, c'était mon envie de grossesse, et enfin je peux le faire, je suis aux anges", explique Adriana, habitante du quartier de 35 ans.

    La réouverture de l'ensemble des plages mardi est également attendue avec impatience, comme à Nice.

    "D’habitude, on commence à travailler en mars, ça fait quand même un sacré manque à gagner!", commente un employé d'Opéra Plage, établissement plus que centenaire de la Baie des Anges qui ne disposera que d'un peu plus de la moitié des 300 à 400 matelas installés habituellement sur les galets.

    Au total, le Covid-19 a tué 28.771 personnes en France, selon le dernier bilan publié samedi, qui n'a pas actualisé les chiffres en Ehpad.

    Le nombre de patients en réanimation continue lui à diminuer (1.325). Ce ralentissement de l'épidémie a permis au gouvernement de donner jeudi son feu vert à la levée de nouvelles restrictions.

    Tous les départements sont en zone verte à l'exception de ceux de l'Ile-de-France, la Guyane et Mayotte, passés du rouge à l'orange, et où le déconfinement y sera un peu plus prudent.

    La limite de déplacements à plus de 100 km du domicile va également être levée, mais elle est toujours en vigueur en ce week-end de Pentecôte où les contrôles doivent se poursuivre.

    Mais la levée d'un grand nombre de restrictions ne signifie pas pour autant un retour à la normale avec un virus qui circule toujours et une économie frappée de plein fouet.

    L'économie a repris un peu son souffle avec le début du déconfinement le 11 mai, mais elle ne retrouvera pas avant longtemps son niveau d'avant-crise.

    "Le pays va devoir se battre contre l'impact d'une récession historique", a prévenu le Premier ministre Edouard Philippe cette semaine alors que le gouvernement évoque une récession de 8% et que le chômage augmente.

    "On retrouve la liberté, la nature, l'espace et surtout l'activité économique. Mais on ne sait pas encore l'ampleur des dégâts. (...) On a subi un tsunami", a commenté dimanche l'ancienne ministre de l'Environnement Ségolène Royal sur Europe 1-Les Echos-Cnews.

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