• | Crée le 18.03.2016 à 09h15 | Mis à jour le 24.07.2016 à 20h54
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    Que faire des 250 djihadistes de retour de Syrie depuis trois ans ? Bonne question. A laquelle Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, s'était déjà empressé de répondre en novembre 2014. Son idée ? Les expédier à Cayenne, dans un « centre de détention qui permette d'isoler ces fous furieux », façon bagne contemporain ou Guantanamo à la française.

     

    Mercredi 16 mars, sur les ondes de France Info, le candidat à la présidentielle de 2017 a poussé un peu plus loin sa réflexion et la distance qu'il envisageait de mettre entre la Métropole et ces djihadistes, qu'il verrait bien réunis, à présent, sur les « îles de la Désolation », au beau milieu de l’Océan Indien, quelque part entre l'Afrique du Sud, l'Australie et l'Antarctique.

     

     

    Les îles Kerguelen, c'est le petit point rouge au milieu de nulle part. (Google Maps)

     

     

    Le député, qui se dit favorable à « l’arrestation préventive des 250 djihadistes de retour de retour de Syrie,  […] considère qu’on ne peut pas prendre le risque d’avoir des bombes volantes sur notre sol ». Il a donc proposé de regrouper ces « fous furieux » dans les îles Kerguelen, situées dans les Terres australes et antarctiques françaises. Ce petit bout de France - grand comme 1/3 de la Calédonie - est un territoire désertique, sans arbre, peuplé essentiellement de manchots et avec des températures qui dépassent rarement les 8 °C.

     

     

    Panorama des Kerguelen : ses fjords, sa population de manchots. (Google Maps)

     

     

    Il n'y a qu'une seule « ville » aux Kerguelen, Port-aux-Français, où vivent 120 personnnes, en majorité des scientifiques, et une seule voie de circulation, la « Route 66 », longue de quelques centaines de mètres. Un bateau ravitaille l'île quatre fois par an, depuis La Réunion, située à 3 500 kilomètres plus au nord. Soit dix jours de navigation dans chaque sens.

     

     

    L'unique « ville » est à l'est de l'île. (Google Maps)

     

     

    Afin d’aider Nicolas Dupont-Aignan, Le Monde a recensé quatorze territoires français « lointains » et calculé la distance qui les séparait de la Métropole. Le quotidien a même créé un « éloignator », avec un curseur qu'il suffit de déplacer pour faciliter la « réflexion » du député.

     

    Et devinez quoi ? La palme du plus éloigné revient au Caillou !

     

     

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