• | Crée le 10.07.2019 à 10h48 | Mis à jour le 10.07.2019 à 17h52
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    Scène plutôt inhabituelle ce matin sur la place des Cocotiers, avec ce lâcher symbolique de moustiques. Photo S. C.

    Une fois n'est pas coutume, les moustiques ont été traités comme des stars ce matin. Cinquante boîtes d'une dizaine de moustiques porteurs de la bactérie naturelle Wolbachia ont été ouvertes, relâchant ainsi près de 500 individus devant le kiosque à Musique. Une cérémonie très institutionnelle qui inaugure un dispositif prévu sur six mois. Ce lâcher a été rendu possible à la suite d'une enquête d'opinion qui a révélé que 94 % de la population nouméenne serait favorable à ce dispositif. 

    Amorcée en 2017 à Nouméa, l'opération du World Mosquito Program vise à lutter contre les épidémies de dengue. Ce programme a déjà été appliqué dans une douzaine de pays avant la Nouvelle-Calédonie et bénéficie d'une dizaine d'années de recul. Aucun calendrier précis n'a été dévoilé ce matin, mais les premiers lâchers devraient commencer d'ici quinze jours dans les quartiers de la ville et un suivi sera mené pour mesurer les effets sur la population de moustiques. Il pourrait par la suite être étendu au Grand Nouméa et au reste du Caillou si les résultats sont concluants. 

    La ville de Nouméa rappelle, qu'en attendant les premiers résultats concrets, il est indispensable de se protéger et de détruire les gîtes larvaires.

    Après cette opération de communication toute symbolique, les lâchers effectifs de moustiques dans les quartiers de Nouméa devraient débuter d'ici quinze jours.

    Le Dr Nadège Rossi, chef du projet Wolbachia en Nouvelle-Calédonie, explique les détails de cette opération.

    Le coût du World Mosquito Program est estimé à 200 millions sur deux ans, mais devrait permettre d'éradiquer la propagation de la dengue, dont le coût sanitaire et sociétal est bien plus élevé.

    Une épidémie, un coût pour la collectivité

    Disponible sur le site de la Dass (direction des affaires sanitaires et sociales), une étude réalisée en septembre 2014 estime que l'épidémie de dengue de 2012-2013 a « coûté » 1,6 milliard de CFP à la Nouvelle-Calédonie, « soit 0,2 % de son PIB ».

    Ce coût se décompose comme suit :

    - Coûts directs ambulatoires : 77 millions.

    - 533 Calédoniens ont été hospitalisés en lien direct avec l'arbovirose, soit un coût direct de 406 millions.

    - Coûts directs non médicaux (communication, prévention, contrôles et épandages) : 325 millions.

    - Coût des arrêts de travail : 209 millions.

    - Coût des décès prématurés : 597 millions.

    Tous les détails à retrouver dans votre journal de demain en pages Pays.

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