
Le lac de cratère du Rano Raraku complètement à sec ? Ce qui pourrait n’être qu’une mauvaise fiction est en passe de devenir une réalité comme le montrent diverses photos trouvées sur les pages Facebook d’un Pascuan (Cristian Moreno Pakarati, une des photos au moins étant signée Tiare Edmunds).
Celui-ci fournit également de précieuses données sur la pluviométrie de l’île, données montrant que les précipitations, depuis 1931, ne cessent de diminuer, le mouvement s’accélérant dangereusement depuis quelques années.
Les choses se gâtent
Ainsi, entre 1931 et 1960, tombait-il 1 222 mm d’eau, tandis que le chiffre de précipitations annuelles passait à 1 147 mm entre 1961 et 1990. Jusque-là, rien de catastrophique, mais, malgré tout, une petite tendance. C’est après que les choses se gâtent sérieusement : 960 mm en 2012; 1 109 mm en 2013; 996 mm en 2014; 978 mm en 2015 et 744 mm en 2016.
Quid de 2017 ? L’année n’a pas été meilleure, même si l’on ne dispose pas encore des chiffres définitifs.
Et rien ne laisse présager un changement profond en 2018, ce qui entraînera probablement l’assèchement complet du lac du Rano Raraku, là même où il y a quelques années, les familles venaient se baigner dans plus d’un mètre d’eau claire et fraîche, abritant des milliers de petits poissons.
Certes, il y a des microclimats à Rapa Nui, et des secteurs peut-être un peu plus arrosés que ne l’est le Rano Raraku, mais les chiffres sont là : le changement climatique, qui s’est déjà traduit par le réchauffement des eaux de l’océan (blanchissement des coraux il y a quelques années, notamment du côté de Ovahe), est bien réel et ce qui est devenu très inquiétant est la raréfaction des pluies.
De l’eau douce jusqu’en 2020
Le cratère du Rano Raraku n’est, à ce titre, qu’un thermomètre. Il permet de mesurer la baisse du niveau des nappes phréatiques ailleurs et la situation pourrait devenir beaucoup plus dramatique si la tendance ne s’infléchissait pas.
D’après un édile de l’île, les besoins en eau douce sont assurés au moins jusqu’en 2020…
Mais que fera-t-on après si, à son tour, le réservoir naturel qu’est le grand cratère du Rano Kau s’assèche ?
La population, en une vingtaine d’années, a quasiment doublé, de même que la fréquentation touristique ; outre l’eau douce qui se raréfie, l’île est confrontée à des problèmes liés à l’élimination de ses ordures. Autant dire que les élus de l’île de Pâques, comme le gouvernement chilien, ont du pain sur la planche, s’il est vrai que « gouverner c’est prévoir ».
La sécheresse qui sévit sur les atolls isolés des îles Marshall a incité le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture à envoyer une équipe sur place.
Sa mission : évaluer la situation et les aides à apporter à la population.