
Cette année, la caisse du Ruamm sera déficitaire de 13 milliards de francs. [1] Et le personnel de santé risque de ne plus être payé d’ici fin août. Malgré de nouvelles subventions de 5 milliards de francs débloqués en urgence par le gouvernement, il manquera donc 8 milliards.
La Fédération des fonctionnaires réclame la fin de ces "pansements sur une jambe de bois" qui dégradent de plus en plus la qualité des soins et lance un appel à la grève générale le 30 juin, dans le secteur public comme privé, dès 7h30, devant le Congrès. L’alliance syndicale veut interpeller les différents groupes de l’hémicycle en leur proposant des "solutions pérennes" pour renflouer et stabiliser le système de santé calédonien.
La Fédé demande ainsi plus de justice sociale et veut mettre fin au plafonnement des cotisations pour les plus hauts revenus.
En clair, il s'agit de s'attaquer à la part restante de tous les salaires au-dessus de 510 000 F, qui n’est pas ponctionnée de 15 %, mais de 5 % en Nouvelle-Calédonie. Par exemple, un Calédonien qui touche 200 000 F cotise au total 15 % pour le Ruamm soit 31 000 F.
Dans cette même logique, une personne qui gagne 800 000 F devrait verser 124 000 F. Sauf qu’en réalité, elle est ponctionnée de 15 % jusqu’à 510 500 F puis le reste, soit les 289 900 F restants, le sont à hauteur de 5 %. Cette personne cotise donc au Ruamm 104 800 F par mois.
Selon la fédération, ce changement de régime fiscal apporterait 7, voire 8 milliards de francs supplémentaires par an pour financer le système de santé.
Si ce n’est pas le seul levier, ces syndicalistes estiment que c’est la priorité à mettre en place avant même de demander à l’ensemble des Calédoniens de " mettre la main à la poche".