
"Nous pouvons maintenant affirmer que les troupes russes ont commencé la bataille pour le Donbass, à laquelle elles se préparent depuis longtemps. Une très grande partie de l’ensemble de l’armée russe est désormais consacrée à cette offensive", a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans un discours retransmis sur Telegram.
"Il y a des combats à Roubijné et Popasna, des combats incessants dans d’autres villes pacifiques", a-t-il dit, reconnaissant que Kreminna était "malheureusement sous le contrôle des orques", le surnom péjoratif donné aux militaires russes.
Cette ville, qui comptait environ 18 000 habitants avant la guerre, se trouve à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kramatorsk, la capitale ukrainienne du bassin houiller du Donbass. Au moins quatre civils ont été tués dans les bombardements russes pendant qu’ils tentaient de fuir Kreminna, a annoncé le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.
Dans le nord-est, la grande ville de Kharkiv a de nouveau été bombardée lundi. Bilan : au moins trois morts. Dans l’ouest, des bombardements russes ont fait lundi sept morts et "onze blessées, dont un enfant", d’après les autorités locales.
Non loin de la ville de Lviv, la Russie assure avoir détruit un important dépôt d'"armements étrangers, livrés à l’Ukraine pendant les six derniers jours par les Etats-Unis et des pays européens, qui y étaient stockés". Au total, l’armée russe assure avoir mis hors d’état dans la seule journée de lundi seize sites militaires ukrainiens, abritant en particulier des munitions et des missiles tactiques Totchka-U.
Ces armements constituent un enjeu majeur, tant pour Moscou que pour Kiev. Soutien de l’Ukraine, les États-Unis ont annoncé à ce sujet lundi que les premières cargaisons de leur nouvelle tranche d’aide militaire (800 millions de dollars) venaient d’arriver la veille aux frontières de ce pays pour être remises à l’armée ukrainienne.
L’Union européenne a quant à elle "condamné la poursuite des bombardements aveugles et illégaux de civils et d’infrastructures civiles" par Moscou. "Il ne peut y avoir d’impunité pour les crimes de guerre", a affirmé le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.
Dans ce contexte, Vladimir Poutine a décerné lundi un titre honorifique, notamment pour son "héroïsme", sa "ténacité" et son "grand professionnalisme", à la 64e brigade de fusiliers motorisés.
Or l’Ukraine a affirmé que les forces russes et notamment cette unité avaient commis un massacre de civils à Boutcha, dans la périphérie de Kiev.
La découverte dans des rues de cette localité de cadavres de civils, peu après le retrait des soldats russes, avait suscité début avril une vague d’indignation internationale. Des enquêteurs ukrainiens s’y activent toujours pour réunir des éléments constitutifs de "crimes de guerre".
La Russie avait pour sa part assuré que les autorités ukrainiennes et les médias occidentaux avaient mis en scène le massacre.
Sur le front diplomatique, le président Zelensky a dit lundi espérer obtenir pour son pays "dans les semaines à venir" le statut de candidat à l’adhésion à l’UE. L’obtention de ce statut "prend des années" mais Bruxelles "nous a vraiment donné l’opportunité d’engager cette procédure d’ici à quelques semaines ou mois", a-t-il souligné.
De leur côté, les Etats-Unis entendent, avec leurs alliés, bientôt prendre de nouvelles sanctions économiques contre la Russie, en particulier pour "perturber son complexe militaro-industriel et ses chaînes d’approvisionnement".