
À l’approche des élections municipales, prévues les 15 et 22 mars 2026, l’alliance des Loyalistes n’a qu’un seul mot d’ordre : "l’unité", qui "demeure la seule voie vers la victoire du camp non-indépendantiste". Une union tant dans les discussions autour de l’avenir institutionnel du pays, que dans "la politique du quotidien", celle de la "proximité". C’est dans cet esprit que le groupe a dévoilé, ce mercredi 5 novembre, à Apogoti à Dumbéa, les noms de ses quatre premiers candidats dans les communes à dominante non-indépendantiste où ils "ont vraiment la capacité de l’emporter".
À Dumbéa et au Mont-Dore, ce seront ainsi les cheffes de file de l’opposition Cynthia Jan (qui avait décroché 13 % des suffrages au second tour des élections de 2020) et Nina Julié (22 % au second tour du précédent scrutin) qui défendront la bannière Loyalistes. Quant à Païta et à Bourail, deux nouveaux candidats font leur apparition : Antoine Romain, directeur de cabinet à la mairie pendant dix ans, et Levay Roy, figure de Brousse notamment connue pour être à la tête de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles de Nouvelle-Calédonie depuis 2021 et président de la foire de Bourail depuis 2023. "Femmes et hommes de terrain profondément ancrés dans la vie locale par leurs engagements associatifs, économiques ou politiques, ces candidats défendront une vision moderne de la gestion municipale fondée sur la proximité, la responsabilité et l’efficacité au service de tous les habitants", résument Les Loyalistes, dont la cheffe de file Sonia Backès a également tenu à expliquer la stratégie pour les "autres communes", où les partisans de la France sont nombreux, à commencer par la capitale.
À Nouméa, "commune phare" du scrutin où Sonia Lagarde devrait briguer un troisième mandat, des discussions sont en cours en vue d’un éventuel renouvellement de leur soutien à la maire sortante, ou d’une éventuelle candidature commune du camp non-indépendantiste. "Boulouparis, Moindou, Koumac, Farino, l’île des Pins, etc. sont gagnables par les non-indépendantistes, mais cela nécessite d’avoir davantage de discussions avec les autres formations politiques, qui ont été repoussées par les questions institutionnelles, mais qui continuent d’avoir lieu", affirme la présidente de la province Sud, dont l’ambition est de parvenir à "trouver les alliances qui nous permettent de gagner".
Pour autant, certains duels entre partisans de la France semblent inévitables, comme au Mont-Dore, face à la représentante du Rassemblement Elizabeth Rivière, ou à Dumbéa et à Bourail, face aux maires sortants désormais sans étiquette Yoann Lecourieux et Patrick Robelin. Deux communes que la cheffe de file des Loyalistes n’a pas manqué de tacler, les jugeant "dirigées par des gens qui ont fait soit des alliances contre-nature, soit alimentent le combat indépendantiste".

"Je suis élue au conseil municipal de Dumbéa depuis 2020 à la tête d’une opposition constructive et engagée pour cette commune qui a particulièrement souffert pendant les émeutes, avec 80 % de son tissu économique détruit. On a trop longtemps à Dumbéa subi l’urbanisation massive déshumanisée depuis une vingtaine d’années. Il est temps de reprendre la main, d’autant plus que depuis le dernier recensement, nous avons perdu 1 000 habitants. On a oublié, quand on a construit encore et encore, qu’il y avait des êtres humains, qu’on doit prendre en compte leur façon de vivre, leurs aspirations, et c’est tout ce combat que je souhaite mener.
Dumbéa est une commune qui a su innover, qui a été pionnière il y a un certain nombre d’années. Mais ensuite, on s’est laissé aller dans une gestion subie avec des équipements publics dispendieux : l’hôtel de ville, l’hôtel de police. On a cru qu’en dépensant des centaines de millions, voire des milliards, dans des bâtiments qui ne servaient que les fonctionnaires de la mairie, tout cela allait aider les Dumbéens. C’est faux. Les Dumbéens ont besoin qu’on prenne en compte leur quotidien. Nous avons mené depuis quelques semaines une grande consultation citoyenne auprès des habitants pour comprendre leurs attentes et leurs envies. C’est sur cette base qu’on sera en mesure de proposer un programme qui rassemble, parce qu’au-delà du changement d’équipe, ce que nous souhaitons proposer, c’est un changement de méthode. Pour nous, la démocratie participative, ce n’est pas qu’un slogan, c’est une façon de mener les politiques publiques."

"Notre programme, en cours de constitution, sera sous-tendu par toutes les actions pour une politique de sécurité qu’il faudra accroître. On aimerait sans doute pouvoir user de l’effort public sur d’autres secteurs, mais il faudra d’abord accroître ce domaine de la sécurité. Tout le monde a envie de vivre tranquillement, de pouvoir travailler, scolariser ses enfants, avoir de bonnes routes, faire du sport, etc., mais si la sécurité n’est pas garantie, c’est impossible.
On travaillera aussi à élargir l’offre de services publics à Tontouta, et un effort sera également mis sur la zone du village, qui a été meurtri et saccagé pendant les événements de 2024. Je pense également à la jeunesse, puisque Païta est sans doute une des communes les plus jeunes de Nouvelle-Calédonie. Il faut pouvoir lui proposer davantage d’activités sportives, mais pas que. Nous sommes l’une des seules communes à continuer de croître. En dix ans, Païta a eu une hausse de plus de 30 % d’habitants. Il va donc falloir étoffer l’offre en club, etc. Et il y a tous les sujets abordés dans toutes les communes : la propreté urbaine, la voirie, les éclairages publics. Sur tous ces points, nous aurons des propositions.
Dans une campagne, il faut partir du bon pied et avoir des gens qui nous soutiennent. Pour ma part, je n’écarte pas la possibilité d’une union avec d’autres, et je ne doute pas qu’elle sera plus large (que les membres Loyalistes) sur notre liste définitive."

"Depuis que je suis élue, mon premier et plus gros dossier remonte à 2016, lorsque j'ai réussi à convaincre le président de la province Sud (Philippe Michel, NDLR) d'inscrire 1 milliard de francs au contrat de développement pour l'étude de route de contournement de Saint-Louis. C'est la première fois que la route a été débattue. Depuis, je n'ai pas cessé de défendre les Mondoriens.
Mais le constat aujourd'hui est vraiment dur : le Mont-Dore perd beaucoup en attractivité. L'insécurité sur la route de Saint-Louis, aggravée par l'insurrection du 13-Mai, a bien évidemment accentué cette perte d'attractivité, mais depuis 2017 déjà, notre commune était en perte de vitesse. Les entreprises, les patentés, les personnels soignants fuient la commune. C'est même devenu très compliqué d'organiser une soirée, d'inviter ses amis. Aujourd'hui, être Mondorien n'est plus une fierté. Et ce n'est pas un constat politique, c'est un constat lucide.
Si je suis candidate, c'est parce que je suis convaincue que notre commune a tous les atouts nécessaires pour de nouveau rayonner. J'ai l'ambition de redonner son attractivité au Mont-Dore et leur fierté aux Mondoriens. Comment ? D'abord, en recentrant nos politiques publiques sur la sécurité. Deuxièmement, en réécrivant le contrat social entre les Mondoriens et la mairie basé sur un principe très clair : les droits impliquent des devoirs. Troisièmement, en soutenant ceux qui travaillent, ceux qui se lèvent tôt, qui investissent et qui produisent de la richesse. Enfin, en traitant tous les habitants de la même façon : pas de copinage, pas de passe-droit. Aujourd'hui, le Mont-Dore, c'est 4,5 milliards de dettes, c'est un budget d'investissement qui a été divisé par deux en six ans et un budget de fonctionnement en baisse. Je refuse que la commune continue de s'enfoncer, mais je ne ferai pas, pour autant de promesses intenables."

"J’ai essayé les associations, les syndicats pour me faire entendre, mettre un peu en avant les projets et les choses qui font du bien aux gens. Alors aujourd’hui, je me lance en politique parce qu’il est temps. Et je ne veux pas être un maire isolé parce qu’à Bourail, ça fait 30 ans qu’on est isolé et que plus rien ne se passe. On va récupérer cette âme qu’est l’agriculture, que sont aussi les artisans. Car à Bourail aussi les gens partent, notamment les jeunes. La ville manque de dynamisme et s’étouffe. On a une institution, avec la foire, mais Bourail ne vit pas qu’en août. Et on va ramener tous ces gens et ces jeunes chez nous.
Je suis d’ailleurs un jeune Bouraillais qui a galéré, qui a construit sa vie dans la commune, qui s’est marié, etc. Et qui aujourd’hui, veut juste reconstruire Bourail avec une vraie vision et perspective, avec tout le monde. Parce que Bourail, ce n’est pas qu’une histoire d’indépendantistes et de non-indépendantistes. Il y a aussi des gens qui n’ont pas de parti politique, qui veulent juste vivre en paix. Et c’est dans ce quotidien qu’il faut apporter une réponse à tout ça parce qu’on l’oublie. On fait des grandes phrases, on fait des grandes choses, etc. Mais on n’a peut-être pas besoin de ça. À Bourail, on a juste besoin de routes et de ramener tout ça proche des habitants pour le bien-être de tous."