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Janvier sans alcool : curiosité, scepticisme et petites remises en question
Aurélia Dumté | Crée le 01.01.2026 à 15h19 | Mis à jour le 01.01.2026 à 15h19

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Le Dry January consiste à ne pas boire d’alcool durant tout le mois de janvier. Photo A.D.
Lancé il y a maintenant cinq ans par l’Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie, le Dry January, défi consistant à rester sobre durant tout le mois de janvier, ne semble pas encore enraciné dans les habitudes en Calédonie. Rencontre avec des Calédoniens dubitatifs face à cette démarche.

" Draï quoi ? " Clairement, le concept du Dry January, pourtant importé depuis cinq ans maintenant en Nouvelle-Calédonie par l’Agence sanitaire et sociale (ASSNC), ne semble pas encore très connu. Le Dry January (janvier sec) consiste à être totalement sobre durant tout le mois de janvier. L’Agence sanitaire et sociale a lancé sa campagne le 29 décembre [1].

" Je ne suis pas la cible ", estiment Mariane, 24 ans, Killian, 22 ans, et Arnaud, 20 ans. " C’est plus pour les gens qui sont dépendants ", pense Arnaud. " Oui, pour les alcooliques, mais pour les personnes qui boivent occasionnellement, ça n’a pas d’intérêt ", renchérit Killian. " Moi, je ne bois qu’en soirée, précise Mariane. Alors ne pas boire pendant un mois, c’est facile. "

Le rire comme première réponse

Pourtant, tous les Calédoniens consommant de l’alcool, peu importe à quelle fréquence, sont concernés par cette initiative, ou " défi ", comme le nomme l’ASSNC. Pour l’Agence, effectuer un Dry January, c’est " retrouver de l’énergie et améliorer son sommeil, se sentir mieux physiquement et mentalement, prendre du recul sur sa consommation, et amorcer, si on le souhaite, un changement durable vers une consommation plus modérée et mieux contrôlée ". Si les effets nocifs, voire mortels, de l’alcool sur l’organisme sont connus, évoquer la sobriété provoque souvent le rire chez son interlocuteur. " J’ai mes petites habitudes ! ", sourit Stéphanie, 53 ans, de Nouméa. " Une petite bière par jour. " Après le rire, toutes les personnes rencontrées estiment toutefois qu’arrêter de boire n’est pas une mauvaise chose. Même si aucune d’entre elles ne se considère comme " la cible ".

Remplacer par autre chose

" C’est bien, c’est sûr, ce genre d’opération après les fêtes, surtout en Nouvelle-Calédonie où on consomme beaucoup d’alcool ", pense Stéphanie. Jacques, 56 ans, de Dumbéa, rit lui aussi au premier abord, puis concède : " Entre Noël et le nouvel an, j’ai arrêté de boire pendant une semaine, ça fait du bien. Et quand mes fils sont partis faire leurs études, j’ai arrêté pendant trois mois, j’ai eu peur de sombrer dans l’alcoolisme. Finalement, il suffit de remplacer par autre chose, comme du kombucha. Mais bon, manger un morceau de fromage sans un verre de vin, c’est impossible ! ", assure-t-il. Pour Philhippe, 54 ans, de Boulouparis, le Dry January est " une opération commerciale : si on interdit quelque chose aux gens, ils vont en consommer encore plus ! On vit dans un pays d’alcooliques, cette opération de communication ne suffit pas. " Cet agriculteur, qui assure boire " ponctuellement, moins d’une fois par semaine ", pense que la solution pour lutter contre une trop grande consommation d’alcool est " d’augmenter les prix, mais vraiment, comme en Australie ". Stéphanie, elle, estime que les " distributeurs d’alcool devraient participer eux aussi à l’opération Dry January, en mettant en avant une consommation responsable ". Quant à Jacques, qui boit un whisky et un verre de vin quatre fois par semaine, " l’autre vrai combat, ce sont les boissons sucrées ".

78 % des 18-64 ans ont consommé de l’alcool au cours de l’année

Le dernier baromètre santé disponible, datant de 2021-2022, met en lumière quelques chiffres. Ainsi, chez les 18-64 ans, 96 % déclarent avoir déjà bu de l’alcool au cours de leur vie, et 78 % au cours des douze derniers mois. Pour l’ASSNC, le Dry January s’inscrit dans un contexte où "la consommation d’alcool reste fortement ancrée dans les pratiques sociales et festives en Nouvelle-Calédonie, avec des conséquences sanitaires, sociales et relationnelles lorsque la modération disparaît". L’Agence sanitaire et sociale donne quelques conseils sur son site Internet [1] pour réussir son Dry January, mais aussi pour se faire aider en cas d’addiction. Et puis, si on n’est pas la cible, qu’est-ce que ça coûte d’essayer de ne pas consommer d’alcool pendant un mois ?

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