
Pour ses premiers vœux, Naïma Moutchou a souhaité "parler simplement". "Pas pour faire un bilan. Pas pour enjoliver, mais pour dire les choses comme elles sont", commence la ministre, dans son discours relayé par Outremers360 [1].
"Cette année a été difficile. Pour beaucoup, elle a même été éprouvante. La vie est chère. Les inégalités restent fortes. Les chocs climatiques se répètent. Et pour beaucoup de jeunes, l’avenir paraît encore trop incertain", constate celle qui a succédé à Manuel Valls en octobre dernier.
Si elle reconnaît que les "réalités" en Outre-mer "sont parfois très anciennes", Naïma Moutchou assure : "nous sommes aux responsabilités. Donc nous devons les regarder en face". " Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs ont pris des décisions. Certaines ont produit des effets. D’autres n’ont pas suffi. Et parfois, il faut le dire clairement, ça n’a pas été assez vite. Ou pas assez loin".
La ministre dit vouloir "changer de méthode" et appelle à "tenir un cap plus durable" et à "aller au bout des décisions prises". "Il faut plus d’exécutions et de mise en œuvre.".
Sur la lutte contre la vie chère, Naïma Moutchou assure que la "loi continuera d’être débattue pour encore mieux s’attaquer aux mécanismes qui tirent les prix vers le haut et pèsent sur les familles. On ne peut plus se contenter d’ajustements", insiste la ministre. "Ce sera un travail sérieux et exigeant avec pour seule boussole des résultats concrets".
Sur l’économie et l’aide aux entreprises ultramarines, la ministre entend "sécuriser l’investissement, soutenir les filières locales, et lever les freins qui empêchent de produire, de construire, d’embaucher parce qu’il n’y a pas d’égalité réelle sans une économie solide et durable dans chaque territoire".
Elle assure aussi " concentrer l’effort sur l’avenir des jeunes" ainsi que la formation, l’emploi, le logement, la mobilité. "Dans les Outre-mer, le talent est là. L’envie est là. Ce qui manque encore trop souvent, ce sont des perspectives claires", estime la ministre. "Un territoire qui n’offre pas d’avenir à sa jeunesse se fragilise durablement".
Naïma Moutchou a enfin abordé " à capacité à encaisser les chocs climatiques, économiques, sécuritaires ". D’abord à Mayotte où "la reconstruction engagée ne vise pas seulement à réparer ce qui a été détruit. Elle vise à renforcer le territoire, pour qu’il soit mieux protégé et mieux préparé pour l’avenir ".
Sur la Nouvelle-Calédonie, "le choix du dialogue y est exigeant". "Il n’est ni simple, ni confortable. Mais c’est le seul qui permette de retrouver de la stabilité et de redonner de la visibilité à chacun. Avec le pacte de refondation économique et social que nous proposons, les Calédoniens pourront à nouveau se projeter dans un avenir commun ".
Pour l’heure, faute de budget, la loi spéciale ne permet pas à l’État d’apporter les aides promises à la Nouvelle-Calédonie, de même que les moyens financiers à la reconstruction de Mayotte. Le Premier ministre Sébastien Lecornu espère toujours faire adopter un budget courant janvier.