
Malgré un secteur en forte demande, les tensions économiques n’encouragent pas à investir dans les arbres fruitiers. Le constat est là : bien que des aides soient disponibles, les agriculteurs sont peu nombreux à se présenter aux guichets des provinces. Les raisons : le délai avant d’avoir des revenus, les difficultés pour se fournir en matériel végétal, la commercialisation compliquée… L’invitation d’Édouard Périé en Nouvelle-Zélande, artisan du programme Avopacific*, pour visiter des vergers d’avocatiers, tombait à pic.
Fin octobre, une délégation calédonienne s’est donc rendue au pays du long nuage blanc. Visites de vergers familiaux comme d’exploitations de dizaines d’hectares, découverte de méthodes avancées comme le microclonage, de parcelles dédiées à la production de greffons ou une organisation collective autour d’une filière exportatrice solide. Si la situation locale n’a rien de comparable, "cette visite a apporté une belle ouverture d’esprit, mais le travail reste à faire", prévient Nicolas Hugot, chargé de mission à la CAP-NC. Ces échanges ont rappelé l’importance de la coordination entre producteurs pour assurer une qualité constante et arriver à consolider la filière.
Du 17 au 21 novembre, c’est au tour d’Édouard Périé de venir en Calédonie, accompagné de Stuart Pascoe, pépiniériste de renommée internationale. "Un voyage rendu possible grâce au soutien de plusieurs partenaires, comme la province Sud, l'Institut Agronomique Calédonien (IAC) et la Chambre d'Agriculture et de la Pêche (CAP-NC)", souligne Édouard Périé. Ces cinq journées ont été particulièrement intenses. Les deux spécialistes ont donné une formation autour de la taille des avocatiers chez des producteurs à la Ouenghi. "Cette formation nous incite à déconstruire notre vision, car c’est une nouvelle approche des techniques de taille, détaille Nicolas Hugot. L’idée est d’augmenter la rentabilité du verger et de faciliter le travail de récolte."
Une formation autour des techniques de greffe a également été délivrée à Pocquereux. "Cette nouvelle manière de choisir les greffons va augmenter de façon assez importante l’opportunité de choix de greffon. C’est un point essentiel qui lève certains freins." Enfin, des temps d’échange avec plusieurs acteurs institutionnels, scientifiques, techniques, mais aussi et surtout des pépiniéristes et des producteurs, ont permis de "se retrouver autour du sujet de l’avocat. Cela permet de constater que si on veut avancer, des choses concrètes peuvent être mises en place avec la profession". La Chambre souhaite apporter sa contribution en diversifiant les services rendus par l’exploitation de Nessadiou, sur laquelle il est question de créer un verger fruitier. "Cette parcelle pourrait ainsi répondre spécifiquement à certains besoins de la profession", espère Nicolas Hugot.
Porté par le chercheur Edward Perie, Avopacific réunit les trois territoires francophones du Pacifique - la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie - autour d'un même objectif : promouvoir l'avocat, renforcer la sécurité alimentaire et adapter les vergers aux risques climatiques.
*Le programme Avopacific est co-financé par le Fond Pacifique, en partenariat avec les Ambassades de France dans le Pacifique et en Nouvelle Zélande.
La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].