
Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d’attaques aériennes contre le Venezuela, avant d’annoncer la capture et l’exfiltration du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores. De premières explosions ont été entendues peu avant 2 heures du matin à Caracas et dans ses environs, jusqu’à 3h15, selon des journalistes de l’AFP. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des missiles frappant leurs cibles, tandis que des hélicoptères survolaient la capitale.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé sur Truth Social que les États-Unis avaient "mené avec succès une frappe de grande ampleur contre le Venezuela" et que le couple présidentiel avait été "capturé et exfiltré". Le chef d’état-major américain, le général Caine, a précisé que l’opération, baptisée Absolute Resolve, avait été menée "pendant les heures d’obscurité maximale" et constituait "le point culminant de mois de préparation et d’entraînement". Plus de 150 avions ont été mobilisés.
Les frappes ont notamment visé le Fuerte Tiuna, principal complexe militaire du pays, qui abrite le ministère de la Défense, ainsi que le complexe aéronautique de La Carlota. Des explosions ont également été signalées à La Guaira, Maracay et Higuerote.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué par les autorités vénézuéliennes. Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a accusé l’armée américaine d’avoir frappé des zones résidentielles. Donald Trump s’est félicité qu’aucun soldat américain n’ait perdu la vie et a déclaré au New York Post que "de nombreux Cubains" chargés de protéger Nicolas Maduro "ont perdu la vie". Le gouvernement cubain a fait état de la mort de 32 membres de ses services de sécurité et décrété deux jours de deuil national. Une organisation de médecins a évoqué auprès de l’AFP environ 70 morts et 90 blessés, sans confirmation officielle.
Donald Trump a affirmé avoir suivi en direct l’arrestation de Nicolas Maduro, décrivant un lieu "très fortement gardé". Selon le général Caine, le couple "s’est rendu sans résister". Le président américain a diffusé une photo montrant Nicolas Maduro menotté, un masque sur les yeux, indiquant qu’il se trouvait à bord du navire USS Iwo Jima. Le couple est arrivé sur le sol américain près de New York peu après 22h30 GMT.
Visé par un acte d’accusation de "narcoterrorisme", Nicolas Maduro est poursuivi aux États-Unis pour trafic de drogue, détention d’armes automatiques et liens présumés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), et doit comparaître devant un tribunal fédéral à New York. Donald Trump a affirmé ce lundi que les États-Unis étaient "aux commandes" du Venezuela et qu’ils dirigeraient le pays jusqu’à une transition politique "sûre". La vice-présidente Delcy Rodriguez, désignée dirigeante par intérim, a appelé à une coopération "fondée sur l’égalité souveraine et la non-ingérence".
Sur le plan international, de nombreux pays ont contesté la légalité de l’intervention américaine. La Chine, la Russie, l’Iran, l’Afrique du Sud et plusieurs pays d’Amérique latine ont dénoncé une violation du droit international. Le secrétaire général de l’ONU a évoqué un "dangereux précédent" et appelé au dialogue.
À l’inverse, l’Argentine, l’Équateur, Israël ou encore l’Italie ont salué la chute de Nicolas Maduro. La France a appelé à une "transition pacifique" et "démocratique" au Venezuela. Sur le réseau social X, le président français, Emmanuel Macron, a évoqué la fin de la "dictature Maduro" et plaidé pour une transition "respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien", estimant qu’elle devait être assurée "au plus vite" par Edmundo González Urrutia, candidat de l’opposition à l’élection présidentielle de 2024.
Détenu à Brooklyn, Nicolas Maduro doit comparaître devant un tribunal fédéral de New York pour répondre de quatre chefs d’accusation de trafic de drogue et de détention d’armes automatiques. À la demande du Venezuela, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce lundi.