
Le "roi du thon" autoproclamé, Kiyoshi Kimura, dont la chaîne de restaurants Sushi Zanmai a remporté la mise, a payé le prix fort pour ce poisson de 243 kilos pêché au large de la côte nord-est du Japon. "Je pensais que nous pourrions l’acheter un peu moins cher, mais le prix a grimpé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire", a déclaré le restaurateur après la vente, organisée avant l’aube au marché au poisson de Toyosu. "J’ai été surpris par le prix… J’espère qu’en mangeant ce thon de bon augure, le plus grand nombre possible de personnes se sentiront revigorées", a-t-il ajouté.
Le prix de 510,3 millions de yens atteint lors de cette enchère du Nouvel An est le plus élevé depuis que des données comparables ont commencé à être collectées en 1999. Il est d’ailleurs deux fois plus haut que l’achat de 2025 [1] (où un spécimen avait été vendu 207 millions de yens pour un poids pourtant plus élevé, soit 276 kilos). Le précédent record était de 333,6 millions de yens pour un thon rouge de 278 kilos en 2019
Pendant la pandémie de Covid-19, les thons du Nouvel An n’atteignaient qu’une fraction de leurs prix habituels, les restaurants ayant réduit leurs activités.
Dave Gershman, de l’ONG Pew Charitable Trusts, a profité de l’annonce pour souligner que la population de thon rouge du Pacifique se rétablissait après avoir été "au bord de l’effondrement". Le plan de relance de 2017 "fonctionne, et si les décideurs prennent de nouvelles mesures en 2026, l’avenir du thon rouge du Pacifique sera prometteur", a-t-il estimé dans un communiqué. Pour autant, l’état de santé de l’espèce fait encore débat, notamment dans la région.
Le pays du soleil levant, particulièrement friand de ce poisson, est soumis à des quotas de pêche annuels. Néanmoins, les autorités nippones ont obtenu l’accord, en 2024, auprès du comité nord de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central, pour augmenter de 50 % ces prises de thon rouge du Pacifique [2] pesant 30 kilos ou plus (et de 10 % pour les thons de moins de 30 kg). Ainsi, en 2025, les quotas annuels devaient passer de 5 614 tonnes à 8 421 tonnes (et de 4 007 tonnes à 4 407 tonnes pour les poissons plus petits).
Une décision qui intervient alors que le thon rouge est une espèce considérée en voie de disparition notamment dans le Pacifique, alerte le WWF [3], où il souffre de "l’énorme appétit" des Japonais pour les sushis et les sashimis. L’ONG accuse d’ailleurs le pays du soleil levant de ne pas respecter ces quotas et de capturer des poissons trop jeunes. "Une véritable menace pour la survie de l’espèce, que vient accentuer le changement climatique". Un réchauffement, qui selon de nombreux scientifiques, modifie les zones de migration des thons [4], ce qui risque également d’altérer leur reproduction.
C’est pourquoi le WWF soutient la création de réserves marines protégées afin de préserver la biodiversité marine et, par ailleurs, la subsistance de la pêche.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/mer/au-japon-un-thon-rouge-vendu-plus-de-150-millions-de-francs-aux-encheres
[2] https://www.nippon.com/fr/news/yjj2024071600532/#:~:text=Le%20quota%20annuel%20du%20Japon,de%20la%20toute%20premi%C3%A8re%20augmentation.
[3] https://www.wwf.fr/vous-informer/effet-panda/lhorizon-seclaircit-pour-le-thon-du-pacifique
[4] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/environnement/gros-plan/gros-plan-changement-climatique-a-quoi-faut-il-s-attendre
[5] https://www.lnc.nc/user/password
[6] https://www.lnc.nc/user/register
[7] https://www.lnc.nc/formulaire/contact?destinataire=abonnements