
Le FLNKS ne participera pas à la réunion prévue à Paris à partir du 16 janvier, à l’invitation du président de la République. Cette séquence, qui doit réunir à l’Élysée les responsables politiques calédoniens autour du projet d’accord de Bougival, se fera donc sans l’un des principaux interlocuteurs. La décision, annoncée ce mardi 13 janvier en conférence de presse a été actée à l’issue de la convention tenue par le Front le 9 janvier à Karigou (Dumbéa).
En cause : la méthode et le cadre proposés. "Bougival, pour nous, c’est niet, c’est indigeste", a de nouveau martelé Christian Tein, le président du Front, dénonçant un "mécanisme d’enfermement" et une volonté de faire de Bougival l’unique horizon des discussions. "On est ouverts au dialogue, mais pas à n’importe quel prix", insiste le Front, qui refuse une discussion "au forceps" à Paris.
Pour le FLNKS, cette réunion ne répond pas aux conditions d’un dialogue sincère. "On ne peut pas tout décider à partir de Paris", a résumé Christian Tein, réaffirmant que les discussions doivent se tenir "en Nouvelle-Calédonie, dans un cadre bilatéral entre l’État et le Front, signataire des accords". "Le FLNKS n’est pas un parti politique, c’est un mouvement de libération nationale", a ajouté Gilbert Tyuienon, pointant un "problème de méthode" persistant avec Paris.
Le Front s’appuie également sur la résolution adoptée le 5 décembre 2025 par l’Assemblée générale des Nations unies. Arnaud Chollet-Leakava y voit un "mode d’emploi" pour sortir de l’Accord de Nouméa "par le haut". Le texte adopté à New York rappelle que la Nouvelle-Calédonie demeure inscrite sur la liste des territoires non autonomes, que le processus de décolonisation se poursuit et que "c’est au peuple de Nouvelle-Calédonie lui-même qu’il appartient de déterminer librement son futur statut politique". "Ce n’est pas une lubie d’un groupuscule extrémiste, c’est le droit international", insiste le responsable du Mouvement des Océaniens indépendantistes.
Parallèlement, le Front se projette vers les élections municipales et provinciales de 2026, qualifiées d'"étape politique stratégique décisive". Une démarche unitaire est d’ores et déjà revendiquée – même si aucune candidature n’est encore annoncée à ce stade -, avec des alliances dites "constructives, sans renoncer aux fondamentaux indépendantistes". Avec un objectif clair en ligne de mire : renforcer la représentativité du FLNKS dans les institutions. "Il faut que l’on gagne ces élections", a lancé Marie-Pierre Goyetche, appelant à une mobilisation massive, notamment de la jeunesse et via les procurations.