
"Nous n’abandonnerons rien." Malgré les revers successifs vécus depuis sa création en 2017, l’association Un Cœur, une voix, poursuit son combat pour mettre fin à ce qu’elle considère comme un "déni de démocratie" : le gel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie, qui réserve le droit de vote à un nombre limité de citoyens aux élections locales.
Dans un communiqué daté de jeudi 15 janvier, l’association annonce qu’elle va saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. Elle mise sur la juridiction européenne pour "faire reconnaître une réalité incontestable : plus de 40 000 personnes sont aujourd’hui exclues du corps électoral en Nouvelle-Calédonie".
Cette nouvelle procédure est rendue possible par l’épuisement de l’ensemble des voies de recours nationales. En effet, le Conseil d’État, la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel ont tous rejeté les différentes requêtes d’Un Cœur, une voix. Par conséquent, "les conditions de recevabilité devant la CEDH sont désormais réunies", indique l’association.
En septembre 2025, le Conseil constitutionnel avait confirmé que le gel du corps électoral était conforme à la Constitution [1], puisqu’il est inscrit dans celle-ci à travers un texte fondamental, à savoir l’accord de Nouméa. Cette disposition visait notamment à garantir à la population kanak, devenue minoritaire en Nouvelle-Calédonie, de disposer d’un certain poids électoral et de limiter l’influence des nouveaux arrivants.
L’accord de Bougival, rejeté par le FLNKS et toujours en cours de discussion [2], prévoit l’ouverture du corps électoral pour les natifs et les personnes présentes sur le territoire depuis au moins 15 ans, lors des premières élections provinciales suivant la signature de l’accord. Le droit de vote serait ensuite étendu à ceux disposant de la citoyenneté calédonienne, acquise après dix années sur le territoire, selon le document signé en juillet.
Alors que la mise en œuvre de Bougival avant les prochaines provinciales, prévues au plus tard le 28 juin, semble compromise, une partie des non-indépendantistes craignent que le scrutin se tienne avec un corps électoral toujours gelé. "Nous nous battrons contre l’organisation d’élections avec un corps électoral gelé", a affirmé Sonia Backès, présidente de la province Sud et cheffe de file des Loyalistes. Son parti, Les Républicains calédoniens, a en partie financé l’action d’Un Cœur, une voix.
"Nous irons jusqu’au bout, prévient l’association. Nous poursuivrons ce combat par tous les moyens de droit possibles, avec lucidité, responsabilité et détermination, afin de tenter de faire reconnaître cette injustice et de la réparer."
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[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/le-conseil-constitutionnel-rejette-la-requete-d-un-coeur-une-voix-sur-le-gel-du-corps-electoral
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/politique/avenir-institutionnel-les-enjeux-d-une-nouvelle-sequence-parisienne-sans-le-flnks
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