
Ça gratte, ça brûle, ça dérange… et pourtant, bien des femmes préfèrent se taire. Les mycoses vaginales et les infections urinaires font partie du quotidien féminin : on estime que 75 % des femmes connaîtront au moins une mycose au cours de leur vie, et qu’une sur deux fera une cystite avant ses 30 ans. Pourtant, ces sujets restent tabous, à peine chuchotés entre copines ou abordés à demi-mot dans les cabinets médicaux. Comme si la gêne devait s’ajouter à la douleur.
La mycose est une infection due à un champignon microscopique (souvent Candida albicans) qui prolifère dans le vagin, lorsque l’équilibre fragile de la flore intime se dérègle. Résultat : démangeaisons, brûlures, pertes épaisses et inconfort parfois insoutenable.
Quant aux infections urinaires (cystites), elles surviennent quand des bactéries, souvent E. coli, remontent dans l’urètre : douleurs en urinant, envies pressantes, sensation de brûlure… Le problème, c’est leur répétition. Certaines femmes enchaînent plusieurs épisodes par an, au point de vivre dans la peur permanente d’une rechute.
D’abord parce que tout ce qui touche à l’intime reste entouré de malaise. Ensuite parce que ces infections sont banalisées : "ce n’est rien, prends un traitement et ça passera". "Une mycose ou une cystite, ce n’est pas 'rien'. Quand une femme en souffre, c’est tout son équilibre intime qui est touché – son sommeil, sa confiance, sa sexualité. Le plus important, c’est de ne pas banaliser", insiste un médecin. "En Calédonie, on a tendance à chuchoter ces sujets. Osez en parler : votre confort intime, votre vie sexuelle et votre sommeil comptent", martèle une infirmière.
Car ces maladies ont un impact énorme sur la qualité de vie. Vivre avec une mycose récidivante, c’est parfois éviter certains vêtements, renoncer aux rapports sexuels, ou s’isoler socialement. La cystite, elle, peut transformer une journée en enfer. En parler ouvertement, c’est donc déjà déculpabiliser et redonner aux femmes la légitimité de dire : "Non, ce n’est pas normal de souffrir en silence. Les cystites à répétition ne sont pas une fatalité : on vérifie le diagnostic et on adapte le traitement", précise un médecin.
Pilule, antibiotiques, stress, hygiène intime trop agressive, pantalons serrés, alimentation trop sucrée… Autant de facteurs qui perturbent l’équilibre vaginal. Les cystites, elles, sont souvent favorisées par des rapports sexuels, une mauvaise hydratation, ou une sensibilité individuelle. Ce sont des réalités concrètes, loin des clichés.
Il est urgent de dire haut et fort que ces infections ne sont pas un "détail" ou une fatalité féminine. Elles méritent une prise en charge sérieuse, un accompagnement global, et surtout une parole libérée. Les femmes ne devraient pas avoir honte de parler de leurs symptômes, de demander de l’aide, d’exiger un suivi adapté. "Les infections récidivantes ont souvent une dimension globale : stress, fatigue, alimentation, immunité… Soigner, c’est aussi écouter. Le corps parle parfois avant les mots. Ne souffrez pas en silence : un examen simple évite des mois d’errance", conseille une gynécologue. Parce qu’oser en parler, c’est déjà une première étape pour mieux se soigner.
Il existe des traitements efficaces : ovules antifongiques pour les mycoses, antibiotiques pour les cystites. Mais leur répétition pose problème : résistance bactérienne, fragilisation de la flore. De plus en plus de médecins insistent sur la prévention :
Les probiotiques, les cures de canneberge ou de D-mannose font aussi partie des pistes étudiées pour limiter les récidives.
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