
La ministre des Outre-mer a signé, aux côtés des responsables calédoniens, l’accord Elysée-Oudinot qui vient compléter celui de Bougival [1], ainsi que le relevé de conclusions économiques, garantissant le soutien financier de l’État à la Nouvelle-Calédonie. "Ce n’était ni évident, ni acquis. Il fallait de la responsabilité, de l’écoute et une volonté partagée de regarder l’avenir ensemble", a salué Naïma Moutchou, selon qui ces deux documents représentent "une étape importante". "Le territoire peut désormais avancer sur ses deux jambes, avec un chemin lisible qui ouvre des perspectives."
Le député Renaissance, membre de la délégation Loyalistes, avait clairement exprimé ses réserves sur la nouvelle séquence parisienne, à l’entame des discussions à l’Élysée, estimant que tout avait déjà été dit à Bougival. Il est, par conséquent, resté sobre dans sa réaction à l’issue de la signature de l’accord Elysée-Oudinot et du relevé de conclusions économiques signés avec l’État. "Il reste un énorme défi : obtenir le soutien du Parlement, c’est-à-dire du Sénat et de l’Assemblée nationale, pour entériner ces accords dans la Constitution française. Du travail en perspective que nous allons mener ensemble, de l’UNI aux Loyalistes, en passant par CE, EO et le Rassemblement", a souligné Nicolas Metzdorf.
L’élu Calédonie ensemble s’est montré particulièrement satisfait du soutien financier de l’État obtenu par les délégations calédoniennes au cours des trois jours de tractations. "La bonne nouvelle de ces négociations, c’est qu’on a obtenu que les régimes sociaux essentiels, tels que la retraite, la santé, le fonctionnement du système électrique, seront garantis en 2026 et dans les années qui suivent, il n’y aura pas de rupture." D’autre part, l’État s’est également engagé à transformer en subventions les différents prêts accordés à la Nouvelle-Calédonie depuis la crise de la Covid. "Cet effacement va permettre une marge de manœuvre économique pour répondre aux besoins sociaux", a salué Philippe Dunoyer. L’ancien député est toutefois conscient, comme ses collègues, du chemin qui reste à parcourir. "Je suis prudent", a-t-il indiqué au sujet d’une éventuelle adoption du projet de loi constitutionnelle par le Parlement. "J’espère que les parlementaires vont comprendre cette situation qui, sans être parfaite et idéale, est la meilleure solution pour permettre à la Calédonie de sortir de cette crise qui la frappe depuis un an et demi."
Interrogé par nos partenaires d’Outremers360, Jean-Pierre Djaïwé, qui emmenait la délégation Union pour l’indépendance, a évoqué sa "satisfaction que nous soyons parvenus à conclure cet accord qui vient compléter celui de Bougival et tout le projet économique et social, qui permettra au pays de se redresser et d’envisager l’avenir dans de bonnes conditions". Il a également mentionné le "défi qui est devant nous", à savoir la construction d’une "identité dans un destin commun".
Le président du gouvernement estime que ces trois jours ont permis de "s’assurer qu’on comprenait bien tous la même chose" sur le contenu de l’accord de Bougival. "C’est désormais le cas." Surtout, le relevé de conclusions économiques consacre "plusieurs dispositions pour garantir à l’ensemble des collectivités calédoniennes de pouvoir assumer leurs politiques publiques".
"Quand on signe quelque chose qui impacte les gens, on le fait avec beaucoup de modestie", a réagi Vaimu’a Muliava, élu de l’Éveil océanien, quelques minutes après la signature des deux documents. Avec son groupe, il affirme être venu "pour une seule chose : qu’on soit indépendantistes ou non, depuis le 13-Mai nous sommes frappés de la même manière, par le manque de travail, des entreprises qui souffrent et un système de santé dégradé". L’accord de Bougival n’y avait rien changé. "On était passé d’un accord historique à un accord hystérique. Aujourd’hui on remet du pragmatisme dans la politique." Le volet économique représente donc "un complément vital", estime Vaimu’a Muliava. "N’oublions pas qu’en mars, les retraites de la Cafat, qui concernent 40 000 personnes, n’auraient pas été versées."
La cheffe de file des Loyalistes a salué, sur ses réseaux sociaux, "l’esprit de responsabilité de tous ceux qui ont signé". "Désormais la balle passe dans le camp du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) pour permettre aux Calédoniens de retrouver de l’espoir, de la paix et de la visibilité."
La présidente du Congrès s’est fait le relais de "discussions tendues" durant ces trois jours, "quand bien même la volonté de toutes et de tous était d’avancer et d’apporter des éclairages à l’accord de juillet dernier". Elles ont toutefois abouti à "un complément à Bougival et à un accord sur le volet économique et social". À la veille du vote du budget de la Nouvelle-Calédonie, ce soutien financier de l’État est de nature à rassurer Veylma Falaeo, "car la situation de la Nouvelle-Calédonie s’enlisait".