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La SLN aborde 2026 avec davantage de sérénité
Mathurin Derel | Crée le 20.01.2026 à 15h11 | Mis à jour le 20.01.2026 à 15h11

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La SLN projette de retrouver une production de 43 000 tonnes de ferronickels pour l'année 2026, notamment grâce à une reprise progressive de l'exploitation des mines situées sur la côte Est. Photo Mathurin Derel
Un an après avoir traversé l'une des périodes les plus critiques de son histoire récente, la Société Le Nickel avance avec davantage de confiance, sans pour autant revendiquer un retour à la normale. À l'occasion de la présentation de ses vœux, ce mardi 20 janvier, la direction a fait le point sur sa situation, le soutien de l'État et la reprise progressive de ses activités minières. L'industriel envisage un retour à la rentabilité à l'horizon 2029-2030.

"Je crois l'expression que j'avais prise il y a un an, c'est qu'on a tous mis un genou au sol. Nous sommes finalement debout, on avance", résume Guillaume Kurek, directeur général de la SLN, tout en prévenant : "on avance avec beaucoup plus de confiance mais pas de certitude ". Si les voyants sont au vert, l'incertitude autour de la mise en œuvre des différents accords est grande et la situation sur les mines demeure fragile.

La priorité, en 2025, a été la sécurisation financière de l'entreprise. La SLN bénéficie d'un soutien renouvelé de l'État à travers un emprunt obligataire d'un total de 240 millions d'euros. "Une première tranche de 115 millions d'euros (13,8 milliards de francs) a déjà été versée le 30 décembre", précise Guillaume Kurek. Le recours à la deuxième tranche de cette aide est envisagé entre les mois d'avril et août.

Une sécurisation financière pour 2026

Egalement en fin d'année 2025, le groupe Eramet a parallèlement prolongé ses garanties financières (garanties environnementales) pour l'usine de Doniambo et plusieurs sites miniers, permettant de sécuriser l'activité sur l'ensemble de l'année 2026. Ces soutiens déjà engagés s'inscrivent dans le cadre du complément de l'accord de Bougival, signé le lundi 19 janvier à Paris.

Sur le plan minier, la SLN met en avant plusieurs avancées structurantes, notamment à Thio. Une réunion réunissant institutions, autorités coutumières, partenaires économiques et jeunes a permis d'acter un accord de reprise de l'activité "sans condition" la semaine dernière.

" Le sans condition, c'était non négociable ", insiste Guillaume Kurek, tout en précisant que cette reprise ne sera pas immédiate. " Il y a beaucoup d'étapes, beaucoup de diagnostics, de réparation et de reconstruction ", précise-t-il. D'autres discussions sont en cours sur la côte Est, notamment à Houaïlou, Kouaoua et Poro. À Kouaoua, la SLN a obtenu en décembre un accord avec la tribu de Newa pour relancer une partie de la mine de Kiel, à l'arrêt depuis 2017. À Poro, l'industriel accompagne la relance d'une activité adaptée à l'usine de Doniambo, en lien avec des acteurs locaux.

À Poum, où l'activité est à l'arrêt depuis 2023, la SLN a retrouvé ses autorisations d'exploiter. Mais la direction reste prudente : " Sur Poum, on a une activité qui est toujours à l'arrêt ", rappelle Guillaume Kurek, indiquant que toute reprise dépendra de l'évolution des cours du nickel.

Amélioration de la teneur et remontée de la production

Ce travail sur les mines devrait permettre à la SLN d'améliorer la teneur de minerai fondu. En 2025, cette teneur était de 2,1 % et l'industriel prévoit de la porter à 2,25 % en 2026, soulignant que 0,1 % de teneur représente trois milliards de francs d'excédent brut d'exploitation (EBE), c'est-à-dire l'argent généré par l'activité quotidienne de l'entreprise avant impôts, intérêts et investissements. " C'est extrêmement important, parce que les coûts restent les mêmes, cela revient à une subvention géologique ", explique le directeur général.

La pérennité de ces réouvertures reste toutefois incertaine, dans un contexte politique encore instable. L'insurrection du 13 mai s'est traduite par d'importantes dégradations de sites miniers et par l'impossibilité, durant plusieurs mois, d'accéder aux massifs.

Côté métallurgie, après une année 2024 noire dont la production a péniblement atteint 32 000 tonnes de ferro-nickel, la SLN a réalisé environ 36 000 tonnes en 2025. Pour 2026, l'objectif est fixé à 43 000 tonnes, avec un volume d'exportations très limité, inférieur à 600 000 tonnes. Sans ce " bonus export ", " on a réussi à faire le meilleur cash cost depuis 2021 ", se félicite Guillaume Kurek qui met en avant les différents plans d'économies engagés ces dernières années. Sur la seule année 2025, la SLN a réalisé 4,5 milliards de francs d'économies supplémentaires, grâce notamment à des accords signés avec les syndicats et à une réorganisation profonde.

Ces efforts se traduisent par une baisse des effectifs. La SLN compte aujourd'hui moins de 1 800 salariés, l'un des niveaux les plus bas de son histoire. La réduction de la masse salariale représente " un tiers des économies qui ont été faites ", rappelle le dirigeant, tout en insistant sur la nécessité de maintenir la motivation et les compétences en interne.

La question du coût de l'énergie reste centrale. Premier poste de dépense de l'entreprise, elle conditionne largement la compétitivité de la SLN. Fin 2025, la province Sud a levé le caractère temporaire de la centrale accostée, sécurisant l'alimentation de Doniambo sans apporter de baisse significative des coûts.

" L'énergie, c'est le premier poste de dépense de l'entreprise ", rappelle Guillaume Kurek, estimant nécessaire un soutien pérenne de l'État de l'ordre de 150 millions d'euros par an, comparable à celui accordé à des industriels électro-intensifs comme Aluminium Dunkerque.

Un retour à la rentabilité à l'horizon-2029-2030

Si le marché demeure marqué par des tensions, les annonces de régulation de la production en Indonésie ont fait remonter les cours. " Les niveaux d'augmentation dans lesquels on est aujourd'hui, on les regarde avec prudence ", souligne Guillaume Kurek. Selon lui, il existe aujourd'hui un consensus chez les experts tablant sur une stabilisation des cours autour de 2030 à un niveau de sept dollars la livre (environ 15 400 dollars la tonne).

C'est sur cet horizon que l'industriel a fixé son retour à la rentabilité qui ne tient toutefois pas compte du remboursement des nombreux prêts consentis à l'entreprise depuis près de dix ans. Si la direction ne communique pas de chiffre consolidé, les apports cumulés de l'État et du groupe Eramet s'élèvent à près d'un milliard d'euros, depuis le premier soutien accordé en 2016, sous le gouvernement de Manuel Valls.

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