
La ville de Nouméa a décidé de fermer le robinet. Elle a notifié le 15 janvier aux centres de vacances l'interdiction de mettre en place des jeux d'eau et les pataugeoires dans les écoles de la commune. Cette décision a déclenché la réaction immédiate des parents alors que le territoire est soumis à de fortes chaleurs [1]. " La sécurité et le bien-être des enfants accueillis dans les centres de vacances devraient être une priorité ", s'insurge une maman.
Pour justifier cette nouvelle interdiction, la municipalité avance des problématiques d'ordre sanitaire et sécuritaire concernant les pataugeoires et les piscines. Elle souligne aussi que les dépenses d'eau sont supportées par la Ville, elle-même soumise à des restrictions budgétaires.
Un dernier argument qui n'est pas au goût de la mère de famille qui ironise : " les personnes ayant pris cette décision ont-elles également coupé la climatisation dans leurs propres bureaux ? "
Vague de chaleur
" On essaie d'aller dans le sens de la commune. Je comprends les restrictions budgétaires, que certains aient peut-être abusé… Mais c'est beaucoup nous demander ", estime une coordinatrice de centre de loisirs. Ces contraintes s'ajoutent à l'interdiction d'utiliser la climatisation dans les salles mises à disposition et à l'absence de toiles tendues, retirées des établissements scolaires lors des grandes vacances.
Cette décision intervient alors que le pays subit des températures sans précédent, avec des maximales dépassant les 35 °C. Météo France a déclaré, le 21 janvier, que " la forte chaleur ressentie ces derniers jours se distingue comme la vague de chaleur la plus intense observée en Nouvelle-Calédonie depuis 1970 ".
Ces conditions climatiques nécessitent une vigilance accrue, " en particulier pour les jeunes enfants, plus exposés aux risques de déshydratation, de malaise et de coup de chaleur ", avance une organisatrice de centre qui, face à ces conditions extrêmes, " la semaine du 5 janvier, on s'est permis d'arroser les enfants ".
Des alternatives
De son côté, la mairie recommande d'emmener les enfants à la plage ou dans les piscines municipales. " Les conditions sont compliquées, même si on fait des sorties piscines ", soulève la coordinatrice de centre de loisirs. Ces sorties entraînent de fortes contraintes de sécurité, d'encadrement et de logistique pour les associations, déjà fragilisées par la baisse d'activité en 2025 [2].
Alors, les animateurs cherchent des alternatives. Une association a ainsi décidé d'installer des fontaines à eau. " On a renforcé l'importance de boire de l'eau ", souligne une encadrante. " Les enfants tiennent très peu durant les activités ".
À la suite de cette interdiction, les relations se compliquent entre la municipalité, les associations et les parents. La mairie ne souhaite pas réagir au sujet et les centres de loisirs refusent de réagir publiquement, craignant d'envenimer la situation. La Ville de Nouméa a signifié que des contrôles seront effectués et que le non-respect des consignes entraînerait la fin de mise à disposition des écoles et la facturation de la consommation d'eau.
Links
[1] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/pourquoi-fait-il-si-chaud-sur-la-cote-ouest
[2] https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/grand-noumea/noumea/societe/social/baisse-de-frequentation-et-suppression-d-aides-les-centres-de-vacances-souffrent-tous
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