
L’Australie a annulé le visa d’un influenceur israélien qui se positionne contre l’islam, affirmant qu’elle n’acceptait pas les visiteurs venus "propager la haine".
Sammy Yahood, qui a notamment déclaré sur les réseaux sociaux que l’islam était une "idéologie répugnante", a indiqué lundi 26 janvier que son visa avait été annulé trois heures avant le départ de son vol depuis Israël.
L’homme s’est tout de même envolé pour Abu Dhabi, mais il n’a pas pu prendre sa correspondance.
"C’est une histoire de tyrannie, de censure et de contrôle", a-t-il estimé sur X.
Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a déclaré mardi dans un communiqué que les personnes souhaitant se rendre en Australie devaient demander le visa approprié et venir pour de "bonnes raisons". "Propager la haine n’est pas une bonne raison de venir", a-t-il expliqué.
L’Australie a durci sa législation sur les crimes motivés par la haine [1] en janvier, à la suite de la tuerie antisémite sur la plage de Bondi à Sydney, qui avait fait quinze morts en décembre lors d’une célébration de la fête juive Hanouka.
Selon des informations de presse, le visa de M. Yahood aurait été annulé en vertu de cette même législation, qui a été utilisée par le passé pour refuser des visas à des personnes pour des motifs relatifs à la haine.
La conservatrice Association juive d’Australie, qui avait invité l’influenceur pour une conférence, a "fermement condamné" cette décision du gouvernement australien, et critiqué d’autres annulations de visas passées, comme celle de Simcha Rothman, député d’extrême droite membre de la coalition gouvernementale de M. Netanyahu, l’été dernier.
L’annulation du visa de M. Yahood "renforce les profondes inquiétudes de la communauté juive qui, malgré l’horreur du massacre de Bondi et les excuses tardives du gouvernement, estime que le gouvernement (du Premier ministre australien Anthony) Albanese n’a pas changé et n’a jamais été sincère", a réagi Robert Gregory, directeur général de l’association, dans un communiqué.