
C’est un dispositif discret mais devenu central dans la gestion de la crise économique post-émeutes. L’allocation exceptionnelle de maintien en emploi (AME), qui avait pris le relais du chômage partiel "spécifique exactions" en juillet 2025 pour éviter les licenciements dans les entreprises en difficulté, devait s’arrêter à la fin de l’année. Elle devrait finalement être prolongée de sept mois. Le 23 décembre, le gouvernement avait annoncé l’inscription prioritaire au Congrès d’un projet de loi du pays visant à instaurer cette prorogation. L’exécutif indiquait que l’AME avait déjà fait l’objet de "près de 600 demandes déposées" et avait permis de "soutenir efficacement les entreprises en difficulté, tout en garantissant aux salariés le maintien de leur lien contractuel avec leur employeur".
S’appuyant sur les "tendances économiques publiées par l’IEOM et l’Isee", le gouvernement estimait qu’une interruption au 31 décembre "risquerait de fragiliser davantage les entreprises concernées et d’entraîner des ruptures de contrats de travail, avec des conséquences sociales et économiques significatives". D’où la nécessité, indiquait-il alors, de prolonger la mesure "jusqu’au 31 juillet". Ce lundi 2 février, un communiqué est venu préciser le calendrier politique de cette décision. Le gouvernement annonce qu'"un amendement sera présenté lors de la prochaine séance publique du Congrès" afin d’autoriser cette prolongation exceptionnelle du dispositif.
Entre-temps, les chiffres ont été consolidés. Selon les données de la Cafat et de la direction du travail (DTEFP), l’AME a bénéficié "à près de 4 000 salariés au sein de 290 entreprises". Le gouvernement souligne également que "les crédits disponibles du régime chômage permettraient d’envisager une prorogation […] sans déséquilibre immédiat de trésorerie". L’objectif reste le même : donner de la visibilité aux entreprises encore fragiles, éviter des ruptures de contrats et accompagner une reprise économique jugée encore trop lente pour se passer de ce filet de sécurité.