
Ils avaient annoncé se mobiliser "pour avoir des réponses concrètes" [1]. Ce mardi 3 février, plusieurs centaines d’adhérents de l’Usoenc se sont rassemblés devant le Congrès, où une délégation a été reçue à 10 heures avant une autre rencontre avec le gouvernement. Un mouvement que le syndicat présente comme "raisonné et responsable", mais qui se veut comme un changement de ton après des mois de participation aux groupes de travail et aux discussions avec les institutions. Le syndicat estime la mobilisation du matin entre "300 et 350 personnes", avec l’espoir de dépasser les 500 participants au fil de la matinée. "Nous, ce qu’on attend, c’est qu’on prenne en compte les problématiques des Calédoniens. Il y a eu urgence sociale. Et cette urgence, elle est toujours là", résume Jean-Marc Burette, premier secrétaire général du syndicat.
Pour le responsable syndical, le constat s’impose "en descendant dans la rue" : familles en difficulté, entreprises fragilisées, salariés qui perdent leur emploi. "Je ne vois pas pourquoi on nous dit que l’urgence est derrière nous." Pourtant présent au sein des groupes de travail avec le gouvernement et la mission interministérielle, le syndicat dit ne pas comprendre "cette inertie". "On discute, on discute, mais maintenant il faut concrétiser. Il y a plein de projets, il faut un peu de courage pour les sortir."
La situation du système de santé fait également partie des dossiers portés par l’organisation syndicale. "Ça fait des années que le personnel de santé est en souffrance, rappelle Jean-Marc Burette. L’hôpital devient obsolète. On a proposé des solutions depuis 2019. Pourquoi ça ne sort pas ?"
Même inquiétude sur le dossier du nickel. "Si une deuxième usine ferme, c’est tout le système calédonien qui finit à genoux. Le risque est réel, ce n’est pas du fantasme." L’Usoenc demande à être "autour de la table" sur ce sujet qu’il considère comme central pour le pays.
Alain Monnier, pour le Soenc Retraites, partage le même diagnostic. "On est dans toutes les discussions, dans tous les groupes de travail, mais on a l’impression de ne pas être écoutés." Parmi les sujets portés lors de cette mobilisation, la question du fléchage des financements annoncés dans le budget de l’État. "Ils donnent des sommes globales. Nous, on veut un fléchage clair. Et un contrôle social pour vérifier que l’argent va bien là où il est destiné."
Le dossier brûlant du FSH est aussi cité. Le syndicat conteste un amendement adopté en décembre portant de 15 à 30 % la mobilisation de ses fonds, sans concertation préalable selon lui. "C’est de l’argent privé, une cotisation des salariés. Les politiques ne peuvent pas décider seuls de son utilisation", insiste Alain Monnier.
Les retraites constituent également un point d’alerte. "À court terme, si rien n’est fait, en juin il n’y a plus de retraite. Il manque entre 7 et 8 milliards pour finir l’année", avance-t-il, évoquant aussi les dettes croisées entre Ruamm, centres hospitaliers et Cafat.
Au-delà de ces dossiers techniques, les responsables syndicaux craignent que les échéances électorales viennent ajouter de la frilosité de a part des élus. "On va rentrer en campagne électorale et ça va créer de l’immobilisme. On n’a surtout pas besoin de ça en ce moment", estime Jean-Marc Burette. Le mouvement, préviennent-ils, pourrait s’inscrire dans la durée si les réponses ne sont pas jugées à la hauteur. "On espère être entendus. Mais s’il faut revenir, on reviendra."