
On savait bien qu’il y avait un problème financier au sein de la fédération. Actuellement, on est en train de mettre le doigt dedans. Pour le moment, on dresse un constat. L’année 2026 va être très contrainte financièrement. Cela peut sembler normal, puisque c’est le cas de beaucoup de monde aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie, mais l’essentiel des fonds de la fédération provient de la Fifa et de l’OFC, donc les dotations n’ont pas baissé.
Simplement une très mauvaise gestion. Il y a eu des dépenses engagées sans compter durant le mandat précédent, sans un regard sur la trésorerie.
Une immense fierté. C’est une occasion à ne pas manquer. Passer les barrages, ce serait quelque chose d’historique, même si on sait que ça va être compliqué, notamment avec le Congo si on parvient au deuxième tour, c’est du sérieux. Mais déjà, c’est une réelle opportunité pour nos garçons, pour l’image de notre football, ainsi que pour nos finances. Si on bat la Jamaïque, on sait que les gains seront importants.
C’est aussi l’occasion de se faire connaître à travers le monde. C’est un rayonnement qui peut nous permettre de nous imposer plus facilement sur la scène du football international, et de faciliter l’organisation de matchs de préparation, en Europe, en Amérique du Sud, en Asie… C’est important. On a aussi la possibilité de gagner des points au classement mondial, et d’attirer de nouveaux sponsors.
C’est surtout le résultat d’une vision du football à l’échelle mondiale portée par le président de la Fifa, Gianni Infantino. L’Océanie demeure une petite confédération, mais la Fifa a pourtant décidé de nous offrir une place supplémentaire en Coupe du monde. Auparavant, nous ne disposions que d’une demi-place : le champion d’Océanie participait aux barrages.
Aujourd’hui, et pour la première fois, nous avons une place dans le tableau principal [décrochée par la Nouvelle-Zélande NDLR]. Le vice-champion, en l’occurrence la Nouvelle-Calédonie, accède aux barrages.
C’est l’objectif. Jusqu’à maintenant, nous avons toujours été en deuxième position derrière la Nouvelle-Zélande. Tant qu’on ne sera pas champion d’Océanie, on ne pourra pas juger de notre progression. Que ce soit chez les jeunes, les féminines, la Sélection masculine, ce n’est qu’à ce moment-là qu’on pourra dire qu’on a fait un véritable pas en avant, et qu’on pourra mesurer les progrès réalisés.
Oui, on n’en est pas loin. Il suffit de préparer les garçons, il nous faut un véritable projet de développement. Pour ça, il faut former des éducateurs, mais le travail doit avant tout être réalisé dans les clubs. Il y a eu une absence de formation au sein des clubs depuis quelques années.
Un nouveau formateur est arrivé en 2024 de Métropole, c’est très positif. Plus on aura d’éducateurs formés pour encadrer les jeunes, plus le niveau du football calédonien va évoluer. Comme dans toutes les sélections mondiales, c’est en club qu’on élève le niveau des joueurs, pas ailleurs.
Tout est une question de préparation. Les U17 n’étaient clairement pas préparés à cette Coupe du Monde, ils n’ont eu aucun match en amont. Ils sont, malgré tout, parvenus à faire un nul contre le Japon, qui s’est qualifié jusqu’en demi-finale. Mais au dernier match contre le Maroc, où on avait l’occasion justement d’aller chercher la qualification pour la phase à élimination directe, on se fait humilier. Je ne veux plus que les garçons revivent ça. Il faudra en tirer les enseignements.
Concernant la Sélection A, j’ai effectivement le sentiment qu’elle n’est pas suffisamment préparée. Quand on voit la tournée effectuée par la Nouvelle-Zélande en Europe et en Amérique, on se dit qu’on ne part pas avec les mêmes chances. Pour autant, je crois beaucoup en nos garçons. Je suis un compétiteur dans l’âme, donc si on y va, c’est pour gagner.
On en revient au problème des finances, tout simplement. Quand la Fifa vous offre un budget de 300 millions de francs pour quatre ans, et qu’on s’aperçoit que la plus grosse partie de cette enveloppe a été consommée la première année, il y a des questions à se poser. L’ancienne équipe à la tête de la Fédération a fait des choix surprenants. Il y a eu une succession de dépenses inutiles, et les sélections en pâtissent aujourd’hui.
Il faudra attendre 2027. Pour 2026, on dispose seulement de 32 millions de francs, donc ça va être très compliqué. Cette situation a dégradé nos relations avec la Fifa. Elle nous a octroyé une subvention spéciale lors du Covid, elle nous a aidés pendant les émeutes, et pourtant on se retrouve en difficulté. Donc la Fifa a décidé de mettre en place des restrictions pour la Nouvelle-Calédonie. Elle avait annoncé qu’elle ne donnerait plus rien et bloquerait tous les projets tant que la fédération calédonienne n’aura pas procédé à de nouvelles élections. C’est désormais chose faite.
Maintenant, mon rôle est de leur redonner confiance. Il ne faudra plus qu’on déroge au règlement financier, sinon les conséquences seront lourdes, la Fifa n’a pas peur d’exclure une nation si nécessaire. Un gros chantier financier nous attend, il faudra le mener en 2027, et on devra faire des choix importants. L’idée, c’est d’arriver en 2028 avec des finances saines, et faire table rase du passé avec la Fifa. Je dois justement signer avec ses représentants un plan de redressement financier.
On le sait : les enfants sont partis vers d’autres disciplines parce que nous n’avons rien su proposer en termes de compétition depuis le Covid. Le conflit interne à la fédération n’a pas aidé, les parents n’avaient plus confiance. Il y a eu les soupçons de détournement de fonds, des arbitres qui se font prendre en chasse à Maré, etc. L’image du football calédonien a pris un coup. Il faut maintenant miser sur le football de masse, de proximité, offrir des journées de championnat régulières. Que les gamins voient ou pratiquent du football tous les week-ends, et s’entraînent le reste de la semaine.
L’objectif, dans les prochains mois, c’est de travailler à l’installation d’académies partout sur le territoire. Le projet, c’est d’en compter bientôt 14, soit 6 dans le Nord, 5 dans le Sud et 3 sur les îles, pour regrouper les meilleurs jeunes autour d’un technicien diplômé. Très vite, le niveau va grimper. Jusqu’à 13 ans, nos jeunes sont au même niveau qu’en Europe. La différence, elle se fait après, parce que les jeunes européens ont accès à des centres de formation de qualité. Il faut qu’on soit en mesure de rivaliser. On arrive à être vice-champion d’Océanie sans disposer de ces structures, donc la marge de progression est énorme. Il faut qu’on se professionnalise.