
Environ 70 personnes se sont rassemblées à Koné, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, samedi 7 février, pour présenter l’UPK (Unité du peuple en Kanaky), formation dissidente de l’UNI, la seule composante indépendantiste à soutenir l’accord de Bougival et son complément Elysée-Oudinot.
"On ne crée pas un parti politique […]. Nous sommes simplement une association de militants qui ne sont pas d’accord", a déclaré son président Xenie Pidra, assurant que la démarche "n’est pas de créer des scissions" mais de mobiliser pour "neutraliser" Bougival.
Ses initiateurs, dont des cadres issus d’autres coalitions indépendantistes (Palika, UPM, Unid), estiment que les accords contestés "ne conduisent pas à la pleine souveraineté" et ouvrent la voie à "un fédéralisme et à une partition du pays", en rupture avec le processus de décolonisation engagé par l’accord de Nouméa de 1998.
Les membres de l’UPK envisagent d’intégrer le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et souhaitent que l’UPM, le Palika et l’Union nationale pour notre indépendance dans la diversité (Unid) reviennent sur leur décision de quitter le Front. "Un des objectifs est de dire à l’État que c’est seulement une partie de l’UNI qui approuve Bougival. Une autre partie n’est pas d’accord", a déclaré Richard Wongsokarto, référent de l’Unid ayant quitté ses fonctions depuis l’approbation de Bougival par l’UNI.
Interrogé sur leur poids au sein de l’UNI, Xenie Pidra a jugé "difficile […] de donner une vraie représentation" du mouvement compte tenu de sa création récente. L’UPK appelle à la tenue d’élections provinciales avant fin juin pour "relégitimer" les représentants appelés à négocier un nouvel accord politique. Ses militants disent travailler à l’élaboration d’un contre-projet.
Le président de la province Nord et figure du Palika Paul Néaoutyine avait estimé fin janvier [1] qu’il n’existait "pas beaucoup de continuité entre l’accord de Nouméa et l’accord de Bougival", réaffirmant son attachement aux "fondamentaux du rééquilibrage et de l’unicité du pays". L’UPK doit se réunir à Nouméa le 21 février, trois jours avant l’examen au Sénat du projet de réforme constitutionnelle, première étape de mise en œuvre de l’accord de Bougival.