
Environ 4 000 hectares, selon l’Observatoire de l’environnement en Nouvelle-Calédonie (OEIL). C’est la surface qui a brûlé lors de la centaine de feux de végétation qui se sont déclarés depuis le début de la saison sèche, en septembre dernier, rapporte l’antenne locale du WWF dans un communiqué, avec "des conséquences destructrices sur l’environnement", regrette l’association de défense de la nature, qui dénonce un "manque de moyens pour les gérer efficacement".
La structure évoque trois feux, qui ont particulièrement touché la biodiversité. Celui sur le plateau de Dogny, à Sarraméa, en septembre. [1] "Près de 60 hectares ont été brûlés, affectant fortement la flore – provoquant possiblement la disparition d’un arbuste endémique – ainsi que deux captages d’eau desservant les habitants de Sarraméa et de La Foa." Un autre impact porte sur la réduction de l’attractivité touristique de la région, estime le WWF.
Un mois plus tard, à Bélep, un incendie mettait à mal des espèces déjà classées en "danger critique" et menaçait la zone de captage de la ressource en eau de la tribu de Waala.
En décembre, c’était au tour de l’île des Pins de subir les flammes pendant deux semaines [2]. Là aussi, des captages d’eau ont été atteints, avec "des conséquences probables sur la disponibilité en eau, mais aussi sur l’impact sanitaire des métaux lourds libérés", considère le WWF. Sans compter la dégradation de la "qualité paysagère, impactant le tourisme local".
L’association rappelle que la quasi-totalité des incendies sont d’origine humaine, favorisés par les comportements à risque, tels que l’abandon de mégots, les feux de camp en saison sèche, ou les écobuages non surveillés. Mais les conséquences de ces phénomènes sont "largement aggravées par des moyens humains et logistiques insuffisants". Si le WWF s’emploie à sensibiliser la population sur le sujet et que la situation met en lumière "la nécessité d’un soutien national, la solution se trouve entre les mains des Calédoniens".
De fait, la structure demande à l’ensemble des candidats aux municipales, "d’intégrer pleinement la gestion des feux de végétation dans leur programme". Cela signifie, pour le WWF : assurer aux administrés de l’eau en quantité, en qualité et à un prix raisonnable ; réduire les risques d’inondation et de glissement de terrain sur la commune, et préserver le patrimoine naturel communal. L’association considère que cela doit se traduire, afin d’y répondre, par "une plus grande rapidité à mobiliser les moyens de lutte sur les feux en milieu naturel, une augmentation de ces moyens humains et logistiques, une reconnaissance des enjeux communaux en termes de biodiversité et de ressources en eau, ainsi qu’un travail de responsabilisation de tous pour un changement de comportement individuel".

Links
[1] https://www.lnc.nc/article/sud/sarramea/sarramea/la-foa/nord/canala/faits-divers/mise-a-jour-l-incendie-de-dogny-est-maitrise
[2] https://www.lnc.nc/article/sud/ile-des-pins/faits-divers/incendie-a-l-ile-des-pins-2-700-hectares-brules-en-une-semaine-le-feu-progresse-toujours
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