
Jacques Astakof, Odile Cassier, Marie-Claire Mary, Marlène Theuil, Marina Minocchi, Denise Bienfait Def, Arnold Russ, Louis-Georges Viale. Voici les noms des sept récipiendaires, membres de l’Association témoignage d’un passé (Atup), qui ont été décorés ce jeudi 12 février, au musée du bagne du Site historique de l’île Nou. Un "plaisir" pour Louis-José Barbançon, historien spécialiste du bagne, que de les voir récompensés. "Derrière ces 'petites mains', comme on dit, il y a souvent une très grande volonté, la disponibilité et la générosité", témoigne-t-il. Des personnes sans qui les projets ne pourraient se concrétiser.
Le premier, Jacques Astakof, également directeur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), s’est vu remettre la médaille de l’engagement ultramarin échelon bronze par le haut-commissaire. Les autres ont reçu, toujours des mains de Jacques Billant, la médaille de la jeunesse, des sports et de l’engagement associatif échelon bronze. Une façon de "saluer l’action menée par l’Atup, non seulement par son président, mais aussi par l’ensemble de ses membres", a salué le haut-commissaire, une action importante "de transmission". Depuis 1975, date de sa création, l’Atup œuvre à la préservation du patrimoine et à sa mise à disposition du public.
Le représentant de l’État a par ailleurs indiqué que "la mémoire du bagne constitue en Nouvelle-Calédonie un fait sociétal majeur, structurant durablement l’histoire du territoire, son peuplement et ses dynamiques sociales. Cet héritage s’inscrit au cœur de la construction de la société calédonienne contemporaine. Et c’est dans ce contexte que s’inscrivent les actions portées par l’Association témoignage d’un passé." Jacques Billant a souligné la volonté de l’État de poursuivre son accompagnement de la structure via un "soutien financier" et technique.
La cérémonie a enfin été l’occasion d’évoquer la volonté des institutions locales d’inscrire les sites du bagne au patrimoine mondial de l’Unesco, un projet qui inclut à la fois les bagnes de Guyane et de Nouvelle-Calédonie.

"En parlant franchement, je ne suis pas très médaille. Je collectionne toutes les médailles, mais moi, je n’aurais jamais pensé en recevoir une. Mais, maintenant qu’on y a pensé et qu’on l’a eue, on est fier. Mon père a eu la médaille à la guerre, mon grand-père aussi, moi je ne l’ai jamais faite, mais j’ai celle de la jeunesse et de l’engagement associatif. Je suis collectionneur depuis cinquante ans, je suis à Témoignage d’un passé depuis quarante ans, c’est une reconnaissance, la reconnaissance on la fait avec le cœur, avec le public, on prête pour que les jeunes apprennent et sachent ce que c’est, qu’un gosse, après, me dise, 'tiens, ça, c’est une pierre taillée". Mon arrière-grand-père était bagnard, des fois je me dis, 'mais c’est lui qui a taillé la pierre'. Ça, c’est fort, ça a du sens. Il y a vraiment cette volonté de transmission, que les jeunes connaissent leur histoire. Je suis responsable technique du musée du bagne, de la Villa-Musée qui a brûlé à Païta, et de la maison Célières. Voilà, je continue. Tant qu’on peut marcher, on continue."
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"C’est un honneur personnel et pour l’association, et puis également une reconnaissance de tout le travail du groupe de récipiendaires et de l’ensemble des bénévoles, qui travaillent parfois dans la discrétion. Je suis adhérente depuis 1992 et membre active depuis 2006. Je participe à toutes les activités de l’association, les visites guidées, les animations, les expositions, la gestion du dock et des objets de collection. Et ça a pris de l’ampleur avec la maison Célières, dont l’Atup est devenue responsable en 2018. On y consacre beaucoup de temps, pas mal d’heures chaque semaine, et on y pense beaucoup aussi, parce que c’est une préoccupation importante. Les choses s’élaborent, même si on n’est pas à son bureau. Sans les bénévoles, il n’y aurait pas tout cela, ils font une grande partie des choses. Il y a parfois des petits moments de baisse de forme, et puis dès qu’on a une idée, une exposition, quelque chose à mettre en valeur, ça repart (rires). C’est une part importante de notre existence."