
Le rendez-vous avait été fixé à la maison commune de Saint-Sébastien. C’est ici, dans la partie sud de la tribu de Saint-Louis, que les représentants de la liste indépendantiste "Le Mont-Dore, notre ville pour une nation souveraine" ont déclaré officiellement leur candidature aux élections municipales, mercredi 18 février. Portée par le Comité national citoyen Mwa Ni Jë, elle regroupe "des personnes de tous les quartiers et tribus de la commune", issues des différents "groupes de pression" du FLNKS : Union calédonienne, Parti travailliste, USTKE, EPKNC…
Les chefferies des quatre districts coutumiers sont également représentées, dont celui de Saint-Louis avec, en fin de liste, la présence de Roch Wamytan, figure de l’Union calédonienne et ancien président du Congrès. D’autres personnalités indépendantistes bien connues se trouvent parmi les dix premiers noms : l’actuel secrétaire général de l’Union calédonienne, Dominique Fochi, quatrième de liste, ou encore Mélanie Atapo, présidente de l’USTKE, en neuvième position.
C’est Tania Mandin-Ouaka qui tirera la liste FLNKS. L’ancienne professeure des écoles à Pouembout a présenté les grands axes autour desquels va s’articuler la campagne des indépendantistes. À commencer par "l’urgence sociale et alimentaire". "Aujourd’hui au Mont-Dore, certaines familles rencontrent des difficultés pour accéder à une alimentation suffisante et de qualité. Cette précarité crée des tensions et souligne l’urgence d’actions sociales ciblées et contrôlées." La tête de liste et ses 34 colistiers proposent ainsi le rétablissement de la gratuité des repas à la cantine pour les enfants boursiers, et le déploiement d’un "véritable dispositif communal d’aide alimentaire", expose Mélanie Atapo.
Pas question pour autant de tomber dans "l’assistanat", affirme celle-ci. "L’emploi est la solution durable", et doit permettre à l’ensemble de la population de s’extraire de la pauvreté et de mettre fin aux inégalités. Alors que 60 % des habitants travaillent en dehors de leur commune de résidence, il est désormais nécessaire de "construire une économie mondorienne plus forte", pour sortir de la situation de "ville-dortoir", suggère Billy Kaateu, deuxième sur la liste. Cela passera notamment par "l’accompagnement des jeunes", une autre priorité.
"Les jeunes sont un moteur essentiel, mais ils ont besoin de repères, de soutien et d’activités adaptés pour se construire et se projeter dans l’avenir", affirme Tania Mandin-Ouaka. Benjamine de la liste, Clémentine Hiva-Wamytan a exposé les mesures envisagées pour la jeunesse : extension de la couverture Wifi à toute la commune, création d’un pôle élite du sport mondorien, soutien aux clubs, aide aux devoirs, réouverture des maisons de quartier…
Côté sécurité, préoccupation forte des habitants, les indépendantistes misent sur "la prévention, la bienveillance et la responsabilité", afin de traiter en priorité "les causes" et "pas seulement les symptômes" de la délinquance. Il pourrait s’agir notamment de rouvrir le Refuge, une structure mise en place durant la mandature d’Éric Gay pour accueillir les femmes victimes de violences. Enfin, la liste envisage, si elle parvient au pouvoir, de "faire flotter le drapeau identitaire du pays Kanaky sur tous nos édifices publics", et de renommer certaines rues en hommage "à des personnalités qui ont marqué notre commune". Le FLNKS estime qu’il est temps de redonner son "océanité" au Mont-Dore et "respecter le peuple qui y a vécu depuis des milliers d’années et qui a nommé les lieux".
Toutes ces propositions doivent servir plus largement un objectif clairement assumé par les représentants indépendantistes du Mont-Dore : contribuer à la "construction de notre nation souveraine". "C’est notre conviction."
Sur les 35 femmes et hommes qui composent la liste "Le Mont-Dore, notre ville pour une nation souveraine", dix ont été révélés ce mercredi 18 février :