
En Nouvelle-Calédonie, où les exploitations sont souvent confrontées à des contraintes de relief, de climat et de distance, le drone peut représenter un véritable appui au quotidien. Ils peuvent ainsi jouer un rôle important quant à l’observation des parcelles. Grâce à des prises de vues aériennes régulières, il est possible d’avoir une vision globale de l’état des cultures, avec une rapidité et une précision que n’autorise pas un passage à pied ou en véhicule. Les images permettent de repérer des zones en stress hydrique, des problèmes de croissance, des attaques de ravageurs ou des débuts de maladies. L’agriculteur peut ainsi intervenir plus tôt et de manière ciblée, évitant des pertes de rendement et des traitements généralisés inutiles.
Dans un contexte calédonien marqué par des épisodes de sécheresse, des pluies intenses et une pression parasitaire parfois forte, cette capacité d’anticipation peut s’avérer particulièrement précieuse. Le drone permet aussi de mieux gérer l’irrigation, de vérifier l’efficacité des apports fertilisants et d’adapter les pratiques aux conditions réelles de chaque parcelle, même lorsque celles-ci sont éloignées ou difficiles d’accès.
Les drones peuvent également être utiles pour le suivi des pâturages et de l’élevage. Ils facilitent le contrôle des clôtures, l’évaluation de l’état de la végétation ou la localisation d’animaux sur de grandes surfaces. Cela permet de limiter les déplacements, de gagner du temps et de réduire la fatigue, tout en améliorant la surveillance globale de l’exploitation. Certains modèles de drones peuvent être utilisés pour des opérations d’intervention, notamment la pulvérisation ciblée de produits phytosanitaires ou de fertilisants.

Cette pratique, encore encadrée et en développement (voir par ailleurs), présente plusieurs avantages : réduction des volumes utilisés, meilleure précision des traitements et limitation de l’exposition directe de l’opérateur. Dans un territoire sensible sur le plan environnemental, notamment à proximité des lagons, des cours d’eau ou des habitations, cette précision constitue un atout important. Pour autant, le drone ne remplace pas le savoir-faire de l’agriculteur. Il intervient en complément, comme un outil d’aide à la décision.
Les données collectées doivent être interprétées et mises en perspective avec l’expérience du terrain. C’est pourquoi le recours à des prestataires spécialisés ou à des formations adaptées est recommandé, en particulier pour les exploitations de taille modeste qui ne souhaitent pas investir directement dans le matériel. Quoi qu’il en soit, à mesure que les coûts diminueront et que les usages se structureront, il est fort probable que l’usage des drones s’inscrira pleinement dans une démarche d’agriculture plus raisonnée et plus durable et contribuera à améliorer la performance des exploitations tout en respectant les équilibres naturels et les contraintes spécifiques du territoire.
L'usage des drones en agriculture est strictement encadrée en Nouvelle-Calédonie. Avant toute utilisation, renseignez-vous auprès des services compétents et assurez-vous du respect des règles en vigueur :
→ Le pilote doit être formé et déclaré en tant que télépilote professionnel ;
→ Le drone doit être enregistré et identifié ;
→ Les vols sont soumis à des règles de sécurité : hauteur maximale, distances par rapport aux personnes, habitations et infrastructures ;
→ Certaines zones sont interdites ou réglementées ;
→ La pulvérisation par drone est en voie d'autorisation sous conditions spécifiques, notamment en matière de produits utilisés, de
protection de l'environnement et de déclaration préalable. À date des présentes, l'utilisation de produits phytosanitaires reste prohibée ;
→ En cas de recours à un prestataire, celui-ci doit être agréé et assuré.
La Calédonie agricole est le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche de Nouvelle-Calédonie [1].