
L’UPK est une association de militants et d’anciens militants du Palika (Parti de libération kanak), de l’UPM (Union progressiste en Mélanésie) et de l’Unid (Union pour l’indépendance dans la diversité). On l’a créée le 10 janvier, parce qu’il y a des militants qui sont opposés à l’accord de Bougival et Élysée-Oudinot. On a fait notre première réunion à Koné le 7 février et aujourd’hui, samedi 21 février, c’est notre deuxième à Nouméa. On voulait rassembler les militants du Sud et des Îles qui se sont déplacés pour nous écouter.
L’objectif est simple. Il s’agit d’enrayer le processus de Bougival et Élysée-Oudinot, qui est désormais aux mains des parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale. On est là pour dire que nous sommes opposés, mais au sein de l’UNI. C’est pour ça qu’on n’a pas invité l’Union calédonienne, le Parti travailliste, etc., les membres du FLNKS. Et nous sommes satisfaits, parce qu’après seulement un mois d’existence, il y a environ 180 à 200 personnes à notre rencontre. On a atteint notre objectif. On donne ainsi un signal aux parlementaires, qui est celui de dire qu’au sein de l’UNI, tout le monde n’est pas unanime sur l’accord de Bougival et Élysée-Oudinot.
Parce que son application conduirait à la dilution du peuple kanak, à la fin du rééquilibrage et à l’appauvrissement des provinces et communes du Nord et des Îles, à une recolonisation de peuplement, au maintien pérenne de notre pays dans la France, au fédéralisme, à l’hyper-provincialisation et à la partition du pays. La pleine souveraineté n’est pas mentionnée dans le document. Pour nous, ce qui n’est pas écrit n’existe pas.
À l’intérieur de la salle, il y a des militants du Palika, de l’UPM et de l’Unid qui ne se reconnaissent pas dans cet accord, mais qui pour autant veulent rester au sein de leur parti. Et comme il a été dit ce matin, on n’a pas réussi à se faire entendre pour corriger le tir, donc on s’exprime au travers de cette association. On reste d’accord sur les fondamentaux, mais pas sur la façon d’y aller.
Non, ce n’est pas un parti politique. C’est ce que j’ai dit et répété à Koné. C’est juste une association de militants sympathisants. Ils restent attachés à leur parti respectif, je n’ai encore jamais entendu dire qu’il fallait transformer l’UPK en parti politique.
Oui, parce que je pense qu’il y a de profondes contradictions entre l’accord de Bougival et Élysée-Oudinot, et l’accord de Nouméa. On a fait des rapports, afin d’exprimer pourquoi on s’y oppose. Et c’est regrettable de ne pas avoir été entendus. Nos représentants ont persisté sur cet accord. Et comme ils le disent eux-mêmes, ils prennent leurs responsabilités. Ils ont été mandatés par les différents congrès. Nous, ce qu’on dit, c’est que, certes, ils ont été mandatés, mais sur la base de nos motions respectives. Et si on compare les motions que nous avons votées, on est loin de ce qui a été acté ensuite. Donc il y a un écart flagrant qu’on ne peut ni cautionner, ni accepter. L’enjeu est tellement fort, qu’on ne pouvait pas ne rien faire, on est obligés de se lever pour dire qu’on n’est pas d’accord.
On a d’abord créé un groupe de travail en interne sur l’avenir institutionnel. On propose, pour les prochaines négociations, de présenter un contre-projet d’accord autre que Bougival. On en a déjà les grandes lignes, mais on le présentera aux Calédoniens le moment venu, et on espère qu’il y aura une adhésion. Il va falloir discuter avec les autres pendant les négociations, mais on espère que ça fasse consensus et qu’il y ait un accord partagé, équilibré.
Oui, nous avons rencontré des parlementaires, afin de leur dire notre désaccord. On les tient informés de ce que nous faisons.
Il faudra se mobiliser contre Bougival, ça peut être des manifestations, des rassemblements pacifiques… On s’est créés il y a un mois, donc il faut le temps de se faire connaître.
Moi, en ce qui me concerne, je ne suis sur aucune liste pour les municipales. En revanche, concernant les camarades, certains ont fait le choix d’intégrer les listes du FLNKS, notamment dans le Sud, et c’est une très bonne chose. Mais, il n’y a pas de consignes particulières, chacun s’adapte selon les localités. Après, on parle de légitimité, donc à un moment donné, il faudra se présenter.
Non, je ne pense pas. Nos partis ont une longue histoire, et ce n’est pas avec l’UPK qu’on va bouleverser tout ça. On a simplement créé une organisation.
Nous allons demander à intégrer le Front en tant qu’observateurs. Nous sommes attachés à l’unité du mouvement indépendantiste au sein du FLNKS, à la construction d’un pays souverain fort de son identité kanak et de celles des communautés établies dans le pays. Nous croyons à un destin commun dans un pays décolonisé.
