
Paul Néaoutyine, dans la continuité de ses récentes déclarations en assemblée de province, persiste et signe. [1] Le président de la province Nord, leader historique du Palika et signataire des accords de Matignon et de Nouméa réaffirme "clairement", dans un communiqué transmis ce lundi 23 février, son opposition aux accords de Bougival – Élysée-Oudinot, qu’il estime marquer "une rupture et un recul par rapport à l’accord de Nouméa" et fermer "la porte à la pleine souveraineté".
Cette prise de position intervient alors que le projet de loi constitutionnelle donnant corps à ces accords doit être examiné mardi 24 février au Sénat, avant d’être présenté devant l’Assemblée nationale. Selon Paul Néaoutyine, l’impact du futur cadre institutionnel serait "prévisible" et particulièrement négatif pour les populations des provinces Nord et Îles.
Le président de la province Nord dénonce notamment un fédéralisme "interne et externe" ouvrant, selon lui, "la voie à la partition du pays". Il conteste toute continuité avec l’accord de Nouméa, soulignant que les nouveaux accords ne maintiennent en vigueur que les dispositions de Nouméa "qui ne sont pas contraires" au texte de Bougival – Élysée-Oudinot, ce qu’il interprète comme un aveu de rupture juridique.
Autre point central, le corps électoral, qu’il rappelle avoir contribué à faire geler en 2003 lors de discussions avec le président de la République de l’époque, Jacques Chirac. Il accuse les négociateurs actuels d’avoir accepté un corps électoral désormais "glissant", conforme, selon lui, aux attentes des non-indépendantistes, au risque d’un déséquilibre durable.
Sur le plan institutionnel et économique, Paul Néaoutyine alerte également sur l’attribution de la compétence fiscale, renvoyée à une future loi organique dont les modalités de solidarité restent inconnues. Il craint un renforcement du poids de la province Sud, au détriment du Nord et des Îles, posant selon lui "les fondations de l’hyperprovincialisation".
Enfin, le leader historique du Palika exprime une inquiétude sur la possible création de polices provinciales, perçues comme une menace pour le vivre-ensemble, et réaffirme sa vision d’un destin commun "décolonisé", à l’opposé de toute logique de ségrégation ou de partition.