
Les messages postés sur les réseaux sociaux peuvent conduire devant la justice. Dans un communiqué publié ce lundi 23 février, le procureur de la République, Yves Dupas, fait état de plusieurs procédures ouvertes après des signalements du haut-commissaire de la République concernant des faits de provocation à la haine ou à la violence en ligne, ainsi que des menaces proférées à l’encontre d’élus.
Le 17 février 2026, un homme de 26 ans, domicilié à Nouméa, a ainsi été présenté au parquet à l’issue de sa garde à vue. Les faits remontent au 27 septembre 2025. Identifié par la brigade de recherches de Nouméa, il avait publié sur TikTok, en réaction à une prise de position du député Nicolas Metzdorf, le commentaire suivant : "Il faut couper la tête à ces gens-là, qui dénigrent le Kanak à chaque publication où qu’ils ouvrent leur bouche."
Poursuivi dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, il a accepté une peine de 140 heures de travail d’intérêt général, assortie de quatre mois d’emprisonnement en cas d’inexécution. L’intéressé ne présentait aucun antécédent judiciaire.
Deux autres dossiers concernent des auteurs présumés domiciliés hors du pays. Une personne résidant en Mayenne a été identifiée après la publication, le 21 janvier 2026, d’un commentaire visant Victor Tutugoro, membre du Congrès, évoquant des menaces explicites à caractère politique. Une autre personne, domiciliée en Charente, est visée par une enquête après un message publié sur la page Facebook "Coup de gueule NC", contenant des menaces de mort à l’encontre, là encore, du député Nicolas Metzdorf. Dans ces deux cas, les procédures ont été transmises aux parquets territorialement compétents.
Le procureur de la République rappelle que ces agissements constituent "des atteintes intolérables au fonctionnement des institutions démocratiques". Les faits de menaces de mort ou d’atteintes aux biens dangereuses pour les personnes sont passibles de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, soit environ 9 millions de francs.
Les services d’enquête, souligne encore le parquet, "mettront systématiquement en œuvre tous les moyens nécessaires pour identifier et interpeller les auteurs de messages menaçants ou haineux" diffusés en ligne.