
Mieux expliquer une filière complexe et souvent contestée dans l’opinion publique. C’est l’objectif de la campagne C’Nickel, présentée ce mardi 24 février par le Syndicat des industries de la mine (SIM), organisation professionnelle créée en 1989 et qui regroupe neuf entreprises de l’extraction et de la transformation du nickel calédonien.
Selon le SIM, si le nickel reste un pilier de l’économie calédonienne, tant en termes d’emplois que de finances publiques, sa compréhension par le grand public serait fragilisée par une réputation d’opacité et par la circulation d’informations jugées inexactes. La campagne vise ainsi à mettre à disposition de la population des éléments "factuels et pédagogiques", sans, insistent ses promoteurs, se substituer au débat public.
Le dispositif s’appuie sur des capsules vidéo d’une durée d’environ deux minutes, diffusées sur les télévisions locales, au cinéma, sur les vols d’Aircalin et sur différents supports, ainsi que sur des fiches pédagogiques destinées à approfondir les thématiques abordées. Tous les contenus seront centralisés sur la plateforme www.cnickel.nc [1].
Treize thèmes ont été définis, dont six seront publiés d’ici novembre 2026. Ils portent notamment sur la formation géologique du nickel, les méthodes d’extraction, les procédés hydrométallurgiques et pyrométallurgiques, les usages du métal ou encore ses retombées économiques et environnementales.
Les représentants du SIM expliquent notamment vouloir répondre à certaines idées reçues, comme celles portant sur la valeur des cargaisons de minerai ou sur la place de la Nouvelle-Calédonie dans le marché mondial. Ils ont rappelé que le pays représenterait "environ 5 % des réserves mondiales identifiées" – alors que d’autres sources, officielles ou professionnelles, parlent de 10 à 25 % -, pour une part bien moindre de la production, et souligné le poids de la concurrence internationale, notamment indonésienne. La question de la durabilité de la ressource a également été abordée, avec un rappel de la distinction entre ressources géologiques et réserves économiquement exploitables. Selon le SIM, la rentabilité dépend avant tout des conditions du marché et des coûts de production.
Conscients que la démarche, émanant des industriels, pourrait être sujette à des soupçons de manque d’objectivité de la part du grand public ou des médias, les responsables du syndicat assument cette communication tout en affirmant ne pas chercher à imposer un point de vue. La plateforme ne prévoit toutefois pas d’espace de commentaires, l’objectif étant de fournir une information, plutôt que d’héberger un débat.