
Deux policiers de la direction territoriale de la police nationale devront s’expliquer devant la justice. Le jeudi 19 février, le parquet de Nouméa les a présentés à un magistrat dans le cadre d’une convocation en vue d’une audience correctionnelle programmée le 7 juillet 2026, a annoncé le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas.
Les deux fonctionnaires sont poursuivis pour des délits de faux en écriture publique ou authentique et de violences sans incapacité de travail par personne dépositaire de l’autorité publique. Dans l’attente de leur jugement, le juge des libertés et de la détention a ordonné leur placement sous contrôle judiciaire, avec notamment une interdiction d’exercer toute fonction de policier ou toute autre fonction publique, conformément aux réquisitions du parquet.
Les faits qui leur sont reprochés remontent au 23 novembre 2025, dans le quartier de Magenta, à Nouméa. Selon le communiqué du procureur, l’enquête – confiée à la division de la déontologie, de l’évaluation et du contrôle interne de la police nationale – porte sur une procédure ouverte après une tentative de vol imputée à un mineur.
Il est reproché aux deux policiers d’avoir falsifié un procès-verbal de saisine, en indiquant à tort que le mineur s’était rendu coupable d’un délit de rébellion, en affirmant qu’il aurait résisté avec violence à son interpellation alors qu’il prenait la fuite.
L’un des deux agents est en outre poursuivi pour des violences présumées, consistant en plusieurs coups de poing portés au visage du mineur, alors que celui-ci était menotté et installé dans un véhicule de service, selon le parquet.
Au cours de leurs auditions, les deux fonctionnaires ont contesté leur participation aux faits. Le procureur rappelle qu’ils bénéficient à ce stade de la présomption d’innocence.
Dans son communiqué, Yves Dupas insiste également sur la ligne du parquet, affirmant conduire l’action publique "avec objectivité et impartialité", en poursuivant les infractions "quelle que soit la qualité de la personne mise en cause", dans le respect de l’État de droit. Il souligne enfin que ces faits présumés, s’ils étaient établis, relèveraient de comportements individuels qui "ne peuvent ternir le professionnalisme, la loyauté et le sens du devoir de l’ensemble des personnels" de la police nationale en Nouvelle-Calédonie.