
"Païta mérite mieux." Le ton est donné d’entrée par Nikita Gaïa. Cette jeune maman de 34 ans, originaire de la commune, est tête de la liste citoyenne FLNKS "Kee Te Ve Tââ" ("avancer ensemble"). Pour leur première conférence de presse, ce jeudi 26 février, les trente-sept colistiers ont présenté une méthode fondée "sur l’écoute et le terrain". "Notre programme n’est pas sorti d’un bureau. Il est le fruit des échanges avec les habitants, dans les tribus et les quartiers", insiste la candidate, qui revendique une vision de la mairie "présente, honnête et proche de sa population".
Si la liste est portée par le FLNKS, elle est composée de nombreuses personnes sans étiquette politique et s’articule autour de six axes prioritaires. Le premier concerne la jeunesse, présentée comme "la solution et non le problème". Maria Mauligalo, qui figure en cinquième position sur la liste, annonce la création d’une Maison de la jeunesse, destinée à accueillir associations sportives, culturelles et structures d’insertion, ainsi qu’un programme de valorisation des talents, en lien avec les établissements scolaires, les ligues sportives et le Comité territorial olympique et sportif (CTOS).
Autre priorité : l’accès aux services publics. Samuel Trojani (4e de liste) défend la mise en place de bus de proximité – "proxibus" – administratifs et de santé pour les quartiers et les tribus éloignés, ainsi qu’une meilleure prise en compte des personnes à mobilité réduite. "Il est encore très difficile pour des administrés d’accéder à la mairie", souligne-t-il.
Sur les questions très concrètes de l’eau, des routes et de l’environnement, Enzo At-Chee, sixième de la liste, pointe des inégalités persistantes. "Dans certains quartiers et certaines tribus, cela arrive qu’il n’y ait pas d’eau. En 2026, c’est inacceptable", déclare-t-il, citant notamment des différences de pression entre zones voisines. Il évoque aussi l’absence de solution pérenne pour l’assainissement, les inondations récurrentes et l’état du réseau routier dans les tribus.
La prévention et la sécurité constituent un autre axe fort. Auguste Hénin (14e) plaide pour une approche centrée sur la médiation sociale, les référents de quartier et le renforcement de l’éclairage public. "La sécurité durable ne se construit pas par la peur, mais par la prévention et la présence humaine", affirme-t-il.
Enfin, la liste entend transformer en profondeur le fonctionnement de la mairie. Laurie Humuni (numéro 2 de la liste) défend la transparence budgétaire, la création de commissions citoyennes ouvertes et d’un conseil municipal des jeunes. "Redonner le pouvoir à la population, c’est lui permettre de comprendre, de décider et de construire les projets avec elle", résume-t-elle.
À un peu plus de deux semaines du scrutin, la liste FLNKS Païta mise également sur la mobilisation face à l’abstention, qui atteignait près de 46 % en 2020. "Si on n’est pas sur le terrain, on ne peut pas avancer sans eux", insiste Nikita Gaïa, qui appelle les électeurs à "glisser un bulletin jaune dans l’urne les 15 et 22 mars, pour avancer ensemble".
